CHIEN 51 : où a été tourné le film ?
Pour donner corps à la ville fragmentée de CHIEN 51, Cédric Jimenez a tourné dans des lieux bien réels, entre les quartiers nord de Marseille, les toits de Bruxelles et des lieux symboliques de Paris.
CHIEN 51 : les lieux de tournage du film
Pour transposer l’univers de CHIEN 51 dans un Paris du futur divisé en trois zones sociales, le réalisateur Cédric Jimenez a évité les fonds verts au profit de décors bien concrets, filmés à Marseille, Paris et Bruxelles. Les quartiers nord de Marseille, sa ville d’origine, ont ainsi servi de décor à la zone 3, la plus pauvre : un terrain vague entre la tour CMA-CGM et l’avenue Roger Salengro (15e arrondissement) a été utilisé pour une interpellation musclée dans un foyer de sans-abri. « On avait besoin de lieux à l’abandon, marqués par le temps, mais qui restent crédibles dans un futur proche », confie le réalisateur.
Plus au nord, c’est dans les studios de Saint-Menet, à l’est de Marseille, que plusieurs séquences en intérieur ont été tournées. Hangars, couloirs, toits… Les espaces ont été utilisés tels quels ou redessinés pour incarner les différentes strates de la ville. À Paris, des lieux emblématiques ont aussi été investis, comme le pont d’Arcole, transformé en checkpoint ultra-surveillé, ou encore la cour de la Monnaie de Paris, qui devient dans le film la cour de l’Élysée, où Romain Duris incarne un ministre à l’agenda trouble.

Villes transformées, effets maîtrisés
Pour un film d’anticipation, CHIEN 51 se distingue par une ambition visuelle forte, mais sans jamais sombrer dans la surenchère numérique. Le superviseur VFX Cédric Fayolle (déjà à l’œuvre sur les films d’Albert Dupontel) a coordonné plus de 130 artistes répartis sur quatre studios différents (dont Digital District et UFX Studios) pour recréer un Paris “augmenté”, fidèle à l’esprit haussmannien. « Il ne fallait pas dénaturer la capitale, mais l’imaginer telle qu’elle aurait évolué. Chaque zone a son propre code couleur : bleu électrique pour la zone 2, tons jaunes pour la zone 3 », explique-t-il au CNC.
Pas question non plus de faire jouer les acteurs devant des écrans verts : la majorité des effets spéciaux ont été ajoutés après le tournage, avec une attention particulière portée aux interfaces d’ALMA, l’intelligence artificielle omniprésente dans le film. Même les drones, qui survolent la ville, sont entièrement numériques – après des essais peu concluants avec des modèles physiques. Résultat : un univers visuellement cohérent, où chaque détail (tags, affiches de propagande, reconstitutions de crimes) contribue à renforcer l’ambiance oppressante sans voler la vedette aux personnages.
Plus qu’un simple décor, le Paris de CHIEN 51 devient un personnage à part entière, à la fois familier et inquiétant. Une ville qui ressemble à la nôtre, mais projetée à peine quelques années en avant. Comme le résume Cédric Jimenez à SF Story : « Ce n’est pas de la science-fiction, c’est presque après-demain. »
