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Daniel Day-Lewis, un acteur et une moustache hors du commun

Posté par Alexis Lebrun le 16 septembre 2021
Malheureusement retraité des plateaux depuis quelques années, le seul triple lauréat de l’Oscar du meilleur acteur peut légitimement être considéré comme l’un des meilleurs comédiens du monde. CINÉ+ rend hommage à son incroyable carrière, avec la diffusion de pas moins de trois grands films où l'on peut se (re)délecter du talent et de la célèbre moustache de Daniel Day-Lewis.
La révélation d’un talent hors-norme

Au début des années 1980, Daniel Day-Lewis n’est encore qu’un acteur relativement anonyme. Mais en 1985, le monde du cinéma assiste à une révélation. Son interprétation d’un jeune gay anglais marginal qui en pince pour un immigré pakistanais (Gordon Warnecke) contribue largement à faire de MY BEAUTIFUL LAUNDRETTE (Stephen Frears) un classique du cinéma britannique. La machine Daniel Days-Lewis est lancée, car la même année, l’acteur connu pour suivre les préceptes de la méthode de l’Actors Studio se fait remarquer dans un second rôle radicalement différent mais où l'étendue de sa palette force aussi l'admiration. Ce rôle, c’est celui de Cecil Vyse, le snobinard aristo et prétentieux du film d’époque CHAMBRE AVEC VUE (James Ivory), réalisé par celui qui deviendra un spécialiste des adaptations du romancier britannique Edward Morgan Forster.

CHAMBRE AVEC VUE situe son intrigue dans le carcan de l’époque édouardienne : le personnage joué par Daniel Day-Lewis doit se marier avec Lucy (Helena Bonham Carter) une jeune femme amoureuse d’un autre homme nettement plus funky, joué par Julian Sands. Outre ces trois-là, il faut aussi compter sur la géniale Maggie Smith, qui joue mieux que personne le rôle de la chaperonne coincée. Mais avec ses petites lunettes rondes, son canotier et son accent de la haute société britannique, Daniel Day-Lewis incarne suprêmement bien l’ennui voire le dégoût qu’inspire cette caste hypocrite qui corsète le destin des jeunes femmes. Et pourtant, en 1985, nous n’avions encore rien vu du talent d’un acteur qui se révèlera outrageusement sélectif dans le choix de ses rôles, tout en réussissant à tourner avec quelques-uns des plus grands réalisateurs de son époque.

L’incarnation parfaite des mythes fondateurs américains

Après une décennie 1990 marquée notamment son premier Oscar de meilleur acteur pour MY LEFT FOOT (Jim Sheridan, 1990) et sa préparation épique pour le rôle principal du DERNIER DES MOHICANS (Michael Mann, 1992), Daniel Day-Lewis prend une première fois sa retraite à la fin de la décennie pour devenir cordonnier. Et quand il fait son retour au début des années 2000, ce n’est pas pour enfiler des perles, puisqu’il retrouve Martin Scorsese dans le dantesque GANGS OF NEW YORK (2002). Il y joue le très flippant Bill le Boucher, adversaire du jeune personnage joué par Leonardo DiCaprio dans le New York du milieu du 19ème siècle où des gangs catholiques et protestants font des combats de rue dans des batailles rangées d’une violence inouïe. Daniel Day-Lewis a la moustache qui frétille, les yeux et les sourcils menaçants, et il manie tellement bien le couteau et la machette qu’on en fait encore des cauchemars la nuit, près de vingt ans après.

Cinq ans plus tard, c’est encore un monstre du cinéma américain qui fait appel à lui pour donner vie à un autre mythe fondateur de la nation américaine, celui des pionniers de la conquête de l’Ouest et de la ruée vers l’or noir. N’y allons pas par quatre chemins, THERE WILL BE BLOOD (Paul Thomas Anderson, 2007) est l’un des meilleurs films de la décennie. Daniel Day-Lewis y est sidérant de sauvagerie, et c’est très logiquement qu’il a été récompensé par une deuxième statuette du meilleur acteur. Et si l’Oscar du meilleur film échappe à THERE WILL BE BLOOD, c’est seulement parce qu’un autre long-métrage hallucinant est sorti la même année, le NO COUNTRY FOR OLD MEN des frères Coen. Quant à Daniel Day-Lewis, il remportera un troisième Oscar en 2013 pour le LINCOLN de Steven Spielberg (2012), avant de tirer sa révérence cinq ans plus tard dans un ultime chef-d’œuvre encore signé Paul Thomas Anderson : PHANTOM THREAD. Il ne reste plus qu’à espérer que l’acteur sorte une deuxième fois de sa retraite, car le cinéma ne peut pas décemment se priver d’un tel talent.

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