De BATMAN à CLAYFACE, comment Gotham est devenue la ville fictive la plus iconique du grand écran ?
CLAYFACE porte l'un des méchants les plus iconiques de l'univers du Chevalier Noir sur grand écran. Mais est-ce que le véritable personnage principal n'est pas la ville elle-même, la tristement célèbre Gotham ?
Entre fiction et réalité
Dans le comics La Cour des Hiboux, le récit débute par une sorte de déclaration d'amour de Batman à Gotham. C'est sa ville, il la connaît par cœur. Chaque corniche, chaque ruelle. Pourtant, sur grand écran, il serait impossible au Chevalier Noir de tenir le même discours. Car tout comme le visage sous le masque, il y a presque autant de Gotham qu'il y a de films. Y compris quand ces derniers ne concernent pas directement son justicier. Est-ce que la Gotham de JOKER est la même que la version gothique de Tim Burton dans BATMAN et BATMAN, LE DÉFI ? Aucunement.
Du côté de Christopher Nolan, on ne s'est même pas embêté à la rendre fictionnelle puisque sa ville est à l'image de ses films, de BATMAN BEGINS à THE DARK KNIGHT RISES : il voulait ancrer le Batou dans un univers réaliste et il n'a fait qu'associer le nom de la cité iconique à la ville de Chicago.
Chez Zack Snyder, le lieu est plus confus. Il est noir, corrompu, certes, mais dans son BATMAN V SUPERMAN, il est difficile de bien faire la distinction entre Gotham et une autre ville majeure du DC Universe : Métropolis. Les deux semblant gangrénés par le même mal. De tous les films DC, c'est peut-être ici que la cité est moins un personnage qu'un lieu.
La dernière en date a une apparence très… londonienne puisque Matt Reeves pose ses valises à Londres pour THE BATMAN. Par contre, là la ville reprend ses droits sur le scénario puisque le Riddler va faire crapauter le justicier aux quatre coins et certains bâtiments, réels comme construits pour l'occasion, sont partie prenante au scénario (le stade à la fin), sublimés par la photographie. Si on devait faire un classement par pur sens esthétique et scénaristique, Burton et Reeves se partageraient la couronne.
CLAYFACE, au carrefour des idées
Mais au-delà de son aspect, qu'est-ce qui rend Gotham si différente d'autres villes fictives ? Peut-être que c'est Tom Rhys Harries, l'acteur principal du film CLAYFACE, actuellement en salles et à découvrir prochainement sur CANAL+, qui le résume le mieux : "À Gotham, des choses sont acceptables dans la société qui ne seraient pas acceptables dans le vrai monde." Oui, Gotham, la fabrique à "monstres" comme Gueule d'argile, qui accepte un justicier déguisé en chauve-souris ou que le prince du crime soit un clown.
Clayface, le body horror de l'univers DC avec Tom Rhys Harries. En salle en ce moment. https://t.co/vBJ2Gr35gF
— CANAL+ (@canalplus) October 22, 2026
Une ville où il faut presque se féliciter de trouver un flic pas corrompu et où même lui finit par succomber sous le charme (l'acteur Max Minghella nous aura avoué qu'il avait récupéré une carte de la ville sur le plateau en souvenir). Gotham est fascinante puisqu'elle est à l'image de son héros : sombre. Oui, on s'étonne qu'il y ait encore des habitants.
Pour créer SA version de la cité, le réalisateur James Watkins aura pioché autant dans l'expressionnisme allemand, le cinéma des années 30 et ses bâtiments étouffants, les rues de New York pour sa lumière, ses néons et sa vapeur, et un peu de THE BATMAN pour certains lieux de Londres comme le Palais de Justice. Un mélange qui fonctionne puisque l'essentiel, au fond, avec Gotham, n'est pas son apparence, mais qu'elle dégage "une atmosphère lourde, oppressante. Qu'elle mette une pression constante sur ses habitants." Le genre de ville qui provoque des accidents comme CLAYFACE ou qui donne naissance à un Batman.
