Depuis 30 ans, personne ne peut voir ce film sans pleurer (même en connaissant la fin)
Sorti en France en juin 1996 (mais en 1988 au Japon), le film d’animation LE TOMBEAU DES LUCIOLES d’Isao Takahata est l’un des plus bouleversants jamais réalisés. On ne compte plus le nombre de litres de larmes qu’il a fait couler depuis sa sortie à travers le monde. Si vous voulez tout de même le découvrir, il est à voir sur Netflix (disponible avec CANAL+). À déconseiller tout de même en cette période de canicule, au risque de sévèrement vous déshydrater.
Un récit inspiré d'une histoire vraie qui a marqué plusieurs générations
Sorti au Japon en 1988 (et en France en juin 1996), LE TOMBEAU DES LUCIOLES occupe une place particulière dans l'histoire du Studio Ghibli. Réalisé par Isao Takahata, cofondateur du studio avec Hayao Miyazaki, le film est adapté d'une nouvelle semi-autobiographique d'Akiyuki Nosaka publiée en 1967.
L'histoire suit Seita et sa petite sœur Setsuko dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. Après un bombardement américain sur la ville de Kobe, les deux enfants perdent leur mère et se retrouvent livrés à eux-mêmes dans un Japon dévasté par le conflit. Contraints de survivre seuls dans un bunker désaffecté alors que les ressources se raréfient, ils tentent de préserver une forme d'innocence au milieu des ruines. Mais la faim vient rapidement leur rappeler leur funeste sort.
Dès le début du film, Isao Takahata annonce la couleur et n’entretient aucun suspense concernant le destin de ses personnages. Au contraire, il place le spectateur face à une tragédie inévitable. Toute la puissance de l'œuvre réside alors dans ce qui se joue entre le frère et la sœur, leurs moments de complicité, leurs espoirs, leurs jeux et leur volonté de continuer à vivre malgré un contexte qui les éloigne de leur innocence.
Cette approche donne naissance à une œuvre profondément humaine, où les conséquences de la guerre se mesurent à travers les gestes du quotidien, la faim, la solitude et l'abandon. L'innocence de Setsuko face à la situation désespérée à laquelle ils font face est un déchirement pour le spectateur.

Un film qui a marqué le Studio Ghibli
Lorsque l'on évoque le Studio Ghibli, ce sont souvent les noms MON VOISIN TOTORO, LE VOYAGE DE CHIHIRO ou PRINCESSE MONONOKÉ qui reviennent en premier. Pourtant, LE TOMBEAU DES LUCIOLES occupe une place à part dans la filmographie du studio.
Le film est d'ailleurs sorti au Japon le même jour que MON VOISIN TOTORO, dans un programme double devenu légendaire. Deux œuvres radicalement différentes mais complémentaires : d'un côté un conte lumineux peuplé de créatures fantastiques, de l'autre un drame réaliste ancré dans l'une des périodes les plus sombres de l'histoire japonaise.
Au fil des années, LE TOMBEAU DES LUCIOLES s'est imposé comme une référence incontournable lorsqu'il est question de films capables de faire pleurer les spectateurs. Mais ça n’est pas pour autant un film poussif ou tires larmes. Isao Takahata privilégie au contraire une mise en scène sobre, laissant toute la place aux personnages et à leurs émotions.
Le réalisateur filme les paysages détruits, les nuits éclairées par les bombardements ou encore les lucioles qui donnent leur titre au film avec une délicatesse qui contraste constamment avec la dureté des événements racontés.
Tout simplement un chef-d'œuvre à (re)voir sur Netflix (disponible avec CANAL+).
