Il y a 26 ans, Julia Roberts mettait tout le monde d'accord avec ce film
Retour sur le film de Steven Soderbergh qui a valu l'Oscar de la meilleure actrice à Julia Roberts. Vingt-six ans après sa sortie, ERIN BROCKOVICH n'a rien perdu de sa force. Il est à (re)voir sur CANAL+.
Une mère de famille contre une multinationale
Erin Brockovich n'a pas de diplôme, pas d'argent, trois enfants à charge et un accident de voiture dont elle sort perdante au tribunal, le chauffard repartant sans débourser un centime. C'est dans cet état qu'elle débarque dans le cabinet de son avocat défaillant et le convainc, non sans mal, de l'embaucher comme archiviste. Ce qu'elle découvre dans un dossier poussiéreux va changer sa vie et celle de 600 familles : la Pacific Gas and Electric Company déverse illégalement du chrome hexavalent dans les eaux potables de Hinkley, une bourgade du désert californien, provoquant cancers et maladies graves que la compagnie s'emploie à étouffer depuis des années.
Son héroïne est tout sauf lisse : grande gueule, talons aiguilles, jupes courtes. À force de courage et de détermination, elle convainc son patron de poursuivre les responsables, au risque de sacrifier sa vie privée. Soderbergh lui-même résumait ainsi l'attrait du projet : “Il y avait un personnage féminin d'une trempe hors du commun dans chaque scène du film.” Une conviction qui se vérifie au box-office et dans les cérémonies : ERIN BROCKOVICH vaut à Julia Roberts l'Oscar, le Golden Globe et le BAFTA de la meilleure actrice. Il s'agit du seul Oscar de la meilleure actrice remportée par Julia Roberts.

Un caméo, une blague, et une approbation à 98 %
La véritable Erin Brockovich fait une apparition dans le film : elle joue le rôle d'une serveuse prénommée Julia, comme l'actrice, dans une scène de snack-bar. Son avocat dans la vraie vie, Ed Masry, est également glissé discrètement en arrière-plan à la même table. Ce caméo, contractuellement prévu, lui a donné des sueurs froides : elle confiera plus tard que se retrouver devant les caméras, à quelques mètres de Julia Roberts, lui donnait des nœuds à l'estomac. Il faut dire que le casting avait de quoi la surprendre.
Masry lui-même, des années avant que le projet existe, lui avait affirmé qu'il ne voulait surtout pas que Julia Roberts joue son rôle : “Roseanne Barr peut”, avait-il tranché. Il sera le premier surpris le jour où Universal a appelé. Quant à l'avis d'Erin sur le résultat final, elle a affirmé que le film était fidèle à la réalité à 98 %. Sa seule vraie réserve, exprimée en souriant avant la première : les jupes que portent Julia dans le film sont trop longues. Julia Roberts, de son côté, gardera de ce tournage un souvenir marquant : “Steven est pour moi une source d'émerveillement constant. J'ai énormément appris sur l'art de faire un film en le voyant travailler.”
