22 ans après, le film préféré des cœurs brisés est toujours aussi déchirant
Il y a des films que l’on regarde une fois. Et puis il y a ceux que l’on revisite à chaque rupture en espérant que ce soit la dernière. Vingt-deux ans après sa sortie, ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND reste une expérience de cinéma unique, une œuvre inclassable qui a révélé Michel Gondry à l’international et qui n’a pas pris une ride.
Une peur universelle
Sorti en 2004, le chef-d’œuvre de Michel Gondry – imaginé avec le scénariste Charlie Kaufman – se penche sur l’histoire de Joel et Clementine, deux anciens amants qui décident de s’effacer mutuellement de leur mémoire après une séparation douloureuse. Une idée de science-fiction qui aurait pu n’être qu’un simple prétexte narratif, mais qui devient entre leurs mains une réflexion vertigineuse sur l’amour, la perte et le poids des souvenirs.
Porté par un Jim Carrey à contre-emploi et une Kate Winslet incandescente, le film transforme chaque souvenir en un terrain de jeu visuel. Gondry y déploie une inventivité folle, multipliant les décors qui s’effondrent, les visages qui disparaissent et les espaces mentaux en mutation. Mais derrière ses trouvailles de mise en scène, ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND parle avant tout d’une peur universelle : celle d’oublier une personne aimée.
Un film plus actuel que jamais ?
Si ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND continue de toucher autant de spectateurs, c’est parce qu’il refuse les conclusions faciles. Joel et Clementine ne sont ni parfaits ni véritablement compatibles. Ils se blessent, se déçoivent, se quittent. Mais le film ne cherche jamais à savoir qui a tort ou raison. Il s’intéresse plutôt à ce qui subsiste lorsque l’amour s’effondre : les souvenirs, les regrets et cette étrange envie de revenir malgré tout vers l’autre.
À l’heure où l’on peut supprimer un numéro de téléphone, bloquer un ex sur les réseaux sociaux ou effacer des années de messages en quelques secondes, le propos du film paraît (étonnement peut-être) encore plus actuel qu’à sa sortie. Gondry et Kaufman rappellent une vérité simple : on peut tenter d’effacer quelqu’un de sa vie, mais rarement de son cœur. C’est précisément cette idée qui explique pourquoi tant de spectateurs continuent d’y voir le film ultime des lendemains de rupture.
