FRANKENSTEIN : pourquoi Guillermo del Toro a mis 60 ans à faire ce film ?
FRANKENSTEIN de Guillermo del Toro est enfin disponible sur Netflix (avec CANAL+). Cette fresque épique est le film dont Del Toro a toujours rêvé. Pourtant, il a mis six décennies avant de pouvoir le réaliser. Une longue attente récompensée par 5 nominations aux Golden Globes 2026 dont meilleur film dramatique, meilleure réalisation, Meilleur acteur pour Oscar Isaac, Meilleur acteur dans un second rôle pour Jacob Elordi et meilleure musique.
FRANKENSTEIN : l’obsession d’une vie pour Guillermo del Toro
Guillermo del Toro n’a pas attendu d’être couronné aux Oscars pour rêver de FRANKENSTEIN. Né en 1964, il découvre Mary Shelley et les films de monstres dans son enfance au Mexique. Cette rencontre a marqué son enfance et sa vie : « je vis dans une maison qui a des passages secrets… j’ai une salle dédiée à Frankenstein, que j’appelle mon salon », confie‑t‑il.
Dans une interview accordée à CBS News, le cinéaste affirme avoir consacré « plus de cinquante ans de [sa] vie » à cette histoire. Pour celui qui grandit en hypocondriaque et s’invente des maladies pour nourrir son imagination, la créature d’argile et de sutures devient une figure rassurante : « les monstres disent qu’il est normal d’être imparfait », explique‑t‑il.
Cette passion s’infiltre dans toute sa filmographie. Del Toro voit des fragments de Frankenstein dans CRONOS (1993), LE LABYRINTHE DE PAN (2006), LA FORME DE L’EAU(2017) et même dans son récent PINNOCHIO. Il estime que chacun de ses treize films porte des traces de la créature et du père qui cherche à réparer ou à sauver son enfant.

Une maturité nécessaire
Si FRANKENSTEIN sort en 2025, c’est parce que le cinéaste aura attendu d’avoir les moyens et la maturité pour filmer son rêve. Dès 2007, il annonce vouloir en faire une « tragédie miltonienne », tout en combinant des éléments du roman et de La Fiancée de Frankenstein. Mais en 2016, il avoue dans un entretien que cette histoire est « le sommet de tout » et qu’il a peur de s’y atteler : « une partie de moi veut en faire une version, et une partie de moi a évité ce film pendant plus de vingt‑cinq ans. Je rêve de réaliser le plus grand FRANKENSTEIN possible, mais une fois que c’est fait, on ne peut plus rêver, c’est la tragédie d’un cinéaste ». Cette hésitation tient autant à la pression que représente une adaptation du mythe qu’au désir de lui rendre justice.
Del Toro préfère donc accumuler des carnets de dessins, des prototypes de créatures et des influences. Il admire le jeu de Boris Karloff dans le film de 1931, mais aussi les illustrations de Bernie Wrightson et les films gothiques de la Hammer. Il attend aussi que les conditions soient réunies : un budget conséquent, une liberté créative totale et un partenaire qui accepte son approche. « Je suivais la créature depuis que j’étais enfant, et j’attendais qu’on puisse la faire dans les bonnes conditions, en termes de portée et d’ambition, pour reconstruire tout un monde », explique‑t‑il.
Le projet est plusieurs fois mis en pause : chez Universal à la fin des années 2000 (la major imagine alors un Dark Universe et ne lui donne pas carte blanche), puis en raison de la grève des scénaristes de 2007 – 2008. Il confie un temps le rôle du monstre à Doug Jones, envisage Benedict Cumberbatch, puis doit adapter ses plans lorsqu’Andrew Garfield quitte l’aventure en 2023 (il devait jouer La Créature NDLR). Ce n’est qu’après son Oscar pour PINOCCHIO et grâce à un accord avec Netflix qu’il obtient enfin un feu vert et un budget conséquent (environ 120 millions de dollars).
Le film vien td'obtenir 5 nominations aux Golden Globes 2026 dont meilleur film dramatique, meilleure réalisation, Meilleur acteur pour Oscar Isaac, Meilleur acteur dans un second rôle pour Jacob Elordi et meilleure musique
