Gilles Lellouche et Laetitia Casta dépoussièrent Hitchcock dans cette comédie policière
Pour leur dernière collaboration en date, les deux acteurs s’amusent à reprendre les classiques de celui qu’on surnomme aujourd’hui le maître du suspense, et livrent un film entre enquête policière et hommage réjouissant. LE CRIME DU TROISIÈME ÉTAGE est disponible sur CANAL+.
Fenêtre sur cour 2.0
Colette (Laetitia Casta) et François (Gilles Lellouche), un couple sans histoire, se rendent à la pièce de théâtre de leur voisin, l’étrange Yann Kerbec. À leur retour de la soirée, Colette observe par la fenêtre une dispute entre ce dernier et sa compagne, et croit être témoin d’un meurtre… Ce synopsis vous dit quelque chose ? Normal, il rend hommage au film FENÊTRE SUR COUR d’Alfred Hitchcock sorti en 1953, et dans lequel Grace Kelly et James Stewart, à l’instar de Colette et François, tentent d’élucider un assassinat commis sous leurs yeux par leur voisin d’en face.
Point de coïncidence du côté du CRIME DU 3E ÉTAGE, qui lui, est signé Rémi Bezançon (LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE, UN HEUREUX ÉVÉNEMENT) ; pour son nouveau long-métrage, le réalisateur a assumé son envie de référencer ce classique hollywoodien, en glissant à l’écran de nombreux clins d’œil au célèbre cinéaste. Ainsi, François est lui-même auteur de romans policiers, tandis que Colette n’est autre que… Une spécialiste de Hitchcock en personne. Entre rêve et réalité, les frontières ne cessent donc de se brouiller…

Un exercice maîtrisé
Pas évident de s’attaquer à un monument du cinéma comme FENÊTRE SUR COUR, mais loin de verser dans le remake pompeux (et donc raté), LE CRIME DU 3E ÉTAGE se réfugie dans la comédie haletante, et réussit à doser son suspense sans jamais trop se prendre au sérieux. Plus qu’une pâle copie d’une histoire qu’on connaît déjà, le film préfère se positionner comme un fervent admirateur du travail d’Alfred Hitchcock.
En plus des références au film avec Grace Kelly et James Stewart, Rémi Bezançon s’amuse ainsi à faire dialoguer les deux œuvres (FENÊTRE SUR COUR étant ouvertement évoqué par les héros, Colette allant même jusqu’à le montrer à ses élèves, et des images d’archives de Hitchcock sont insérées dans le film) ou à référencer d’autres longs-métrages du cinéaste. On peut notamment y croiser un hommage réussi à PSYCHOSE, autre titre phare de la filmographie hitchcockienne, lors d’une scène de douche cadrée de façon à évoquer celle, célébrissime, où Janet Leigh perdait la vie en 1960.
Les cinéphiles aguerris réussiront aussi peut-être à noter que l’appartement dans lequel vivent les personnages du CRIME DU 3E ÉTAGE est un loft qui n’a rien à envier à celui que l’on voyait dans le film original, que la bande son (signée Laurent Perez del Mar) n’est pas sans évoquer les violents stridents de Bernard Herrmann pour PSYCHOSE… Ou même que le générique est très proche de ceux affectionnés par Hitchcock. Bref, plus qu’une redite, il s’agit plutôt de célébrer, sans prétendre réinventer le genre… Et ça fonctionne.
