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Il y a 13 ans, Scarlett Johansson surprenait tout le monde dans cet étrange film

En 2013, Scarlett Johansson était déjà l’une des actrices les plus convoitées d’Hollywood. Pourtant, peu avare en surprises et prises de risque, elle choisit à ce moment précis de sa carrière de s’aventurer dans un film de SF extrêmement singulier : UNDER THE SKIN de Jonathan Glazer. Retour sur ce mystérieux objet de cinéma – et le rôle bien WTF que la célèbre actrice y tient – pour vous préparer à la (re)découverte d’un film inclassable.

Un phénomène paranormal en Écosse

Avant de devenir l’un des visages les plus populaires du cinéma mondial grâce à MARVEL, Scarlett Johansson s’était déjà illustrée dans des films aussi différents que LOST IN TRANSLATION, MATCH POINT ou VICKY CRISTINA BARCELONA. Mais en 2013, elle accepte un projet qui ne ressemble absolument à aucun de ses précédents rôles. Dans UNDER THE SKIN, elle incarne simplement « La Femme »… Aucun rapport avec le groupe de musique français ; l’actrice campe une mystérieuse extraterrestre qui prend l’apparence d’une séduisante jeune femme pour parcourir les rues de Glasgow, en Écosse.

Au volant d’une camionnette, elle sillonne les routes écossaises et aborde des hommes seuls. Elle les séduit, les fait monter à bord puis les conduit dans un étrange lieu où ils disparaissent dans une substance noire et visqueuse. Mais progressivement, quelque chose se dérègle. À force d’observer les humains, l’extraterrestre commence à éprouver des sensations et des émotions qui lui étaient jusqu’alors inconnues. Ce qui devait être, pour cette créature, une simple partie de chasse se transforme en une découverte de la condition humaine, du désir, de la solitude et de la vulnérabilité.

Scarlett Johansson comme vous ne l’aviez jamais vue

Présenté à la Mostra de Venise en 2013, UNDER THE SKIN détonne immédiatement. Plutôt que de raconter une invasion extraterrestre traditionnelle, Jonathan Glazer cherche à faire ressentir le monde comme pourrait le percevoir une créature qui ne comprend absolument rien à l’humanité. Le réalisateur explique alors avoir été fasciné par cette idée dès sa découverte du roman éponyme de Michel Faber publié en 2000 ; il abandonne ensuite une grande partie de l’intrigue du livre pour se concentrer sur cette expérience sensorielle, avec une version extrêmement dépouillée du récit, affinée après des nuits de travail.

Pour parvenir à ce résultat, le cinéaste recourt à des méthodes de tournage particulièrement inhabituelles. Plusieurs scènes sont ainsi filmées en caméras cachées dans les rues de Glasgow, tandis que Scarlett Johansson aborde de véritables inconnus qui ignorent parfois qu’ils participent à un film. Dans une interview accordée à Time Out, Glazer raconte même que, pour une scène où le personnage campé par l’actrice tombe dans la rue et reçoit l’aide de passants, la caméra était dissimulée dans une mallette, tandis que le cadreur utilisait l’écran d’un iPhone comme retour vidéo.

Une expérience que Scarlett Johansson a elle-même décrite comme particulièrement stimulante. « C’était assez excitant, nous tournions toute la journée et obtenions parfois une “scène” tellement exceptionnelle que nous nous disions : “Wow, vous y croyez, vous ?” ». Au sein d'un monde réel, que Glazer filme presque comme un reportage, Scarlett Johansson est la seule véritable anomalie. « Je trouve intéressant qu’elle soit le seul mensonge dans un monde que, par ailleurs, je filme comme un documentariste », expliquait le réalisateur.

Même la star hollywoodienne semble alors étrangère à sa propre image. Perruque noire, manteau bon marché, maquillage discret et accent britannique : Johansson se fond dans le paysage urbain de Glasgow. Une transformation d’autant plus étonnante qu’elle intervient – on le disait en introduction – alors que l’actrice est déjà une star internationale. Elle sera d’ailleurs nommée aux British Independent Film Awards dans la catégorie de la meilleure actrice.