L'AFFAIRE BOJARSKI : qui était Jan Bojarski, le roi des faussaires ?
Ses faux billets valent aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers d'euros. Pendant plus de dix ans, Jan Bojarski a écoulé dans toute la France une fausse monnaie presque impossible à distinguer de la vraie. Avec L'AFFAIRE BOJARSKI, Jean-Paul Salomé raconte l'histoire folle de ce faussaire de génie, incarné par Reda Kateb.
Un inventeur devenu faussaire
Dans L'AFFAIRE BOJARSKI Reda Kateb campe un faussaire qui a bel et bien existé. Réfugié polonais installé en France, Jan Bojarski est d'abord un ingénieur qui rêve d'être inventeur. Il a d'ailleurs imaginé plusieurs objets révolutionnaires pour l'époque, comme un rasoir électrique ou même un moteur à mouvement perpétuel. Pendant la guerre, il met son talent au service de la fabrication de faux papiers. Mais une fois la paix revenue, faute de statut officiel, il ne peut pas déposer de brevets pour ses inventions et doit se contenter de petits boulots mal payés. C'est alors qu'un truand lui propose de fabriquer de faux billets.
À partir des années 1950, Bojarski fabrique tout lui-même dans un atelier secret caché sous sa maison : papier, filigranes, encres, machines. Pour écouler ses billets sans attirer l'attention, il sillonne la France en train de nuit. Même certains agents du Trésor sont incapables de différencier ses faux des vrais. Son chef-d'œuvre : le billet de 100 francs Bonaparte, presque parfait. La presse le surnomme même « le Cézanne de la fausse monnaie ».

Le jeu du chat et de la souris
Le film, sorti en salles en janvier 2026, s'attache à la double vie de Jan Bojarski, qu'il cache même à sa femme Suzanne (Sara Giraudeau), et à la traque menée par l'inspecteur André Mattei (Bastien Bouillon), présenté comme le meilleur policier de France.
Pour écrire le scénario avec Bastien Daret, Jean-Paul Salomé s'est appuyé sur les archives d'un journaliste suisse passionné par l'affaire. Dans la réalité, Bojarski finit par tomber en janvier 1964, après l'arrestation de complices bien moins prudents que lui, dont Anton Dowgierd, incarné à l'écran par Pierre Lottin. Condamné à vingt ans de prison, il est libéré au bout de treize ans pour bonne conduite, et meurt dans la pauvreté en 2003. Aujourd'hui, ses faux billets sont recherchés par les collectionneurs comme de véritables œuvres d'art. L'histoire d'un homme qui a réussi à rendre le faux presque plus précieux que le vrai, et qui a fini par en payer le prix.
