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LA BONNE ÉPOUSE : un feel good movie aussi délicieux qu’engagé

Dans le cadre du Film Good Festival, CANAL+ diffuse LA BONNE ÉPOUSE, une comédie féministe de Martin Provost servie par un trio d’actrices impériales. Le long-métrage est une plongée savoureuse dans une école ménagère dirigée d’une main de fer par Juliette Binoche, sur le point d’être chamboulée par les événements libérateurs de Mai 68.
Posté par Kevin Romanet le 28 décembre 2020
Avec LA BONNE ÉPOUSE, l’école est finie !

En 1967, alors que les tubes de Joe Dassin et d’Adamo résonnent dans toute la France, Paulette Van Der Beck dirige une école ménagère avec rigueur. L’objectif de cette femme incarnée par l’excellente Juliette Binoche : former les adolescentes à devenir des compagnes parfaites et totalement dévouées à leur mari. 

Avec l’aide de sa belle-sœur et d’une religieuse, interprétées par les hilarantes Yolande Moreau et Noémie Lvovsky, Paulette apprend donc à ses élèves à complètement s’oublier pour tenir au mieux un foyer. Mais après la mort soudaine de son mari et alors qu’une révolution culturelle est en marche, elle réalise la misogynie de ses préceptes et fait voler en éclats la domination masculine.

C’est en écoutant le témoignage d’une ancienne étudiante d’une école ménagère que le réalisateur Martin Provost a décidé de se lancer dans l’écriture de LA BONNE ÉPOUSE, avec sa co-scénariste Séverine Werba. Le duo a su tirer des péripéties savoureuses de cette rencontre choc entre une vision archaïque et une prise de conscience sociétale. 

Peu après les événements de Mai 68, les écoles ménagères ont d’ailleurs disparu au début des années 70, près de cent ans après l’ouverture de la toute première en 1873, à Reims. En 1984, ces établissements sont définitivement révoqués avec la suppression de l’épreuve facultative d’éducation ménagère proposée au baccalauréat. Ce qui n’empêche pas la comédie d’être actuelle, puisque les questions de la charge mentale et de la parité salariale - entre autres - n’ont, quant à elles, toujours pas été résolues.

La légèreté au service d’un propos engagé

Après SÉRAPHINE, VIOLETTE ou encore SAGE FEMME, Martin Provost signe un nouveau film engagé. Mais LA BONNE ÉPOUSE est aussi le long-métrage le plus léger du réalisateur. La comédie n’hésite pas à pousser l’absurdité de certaines situations à son paroxysme pour mieux les pointer du doigt. La mort de François Berléand, parfait en mari pantouflard, piètre gestionnaire et littéralement incapable de quoi que ce soit, en est l’un des nombreux exemples.

Le film permet par ailleurs à Juliette Binoche de s’en donner à cœur joie, notamment au cours d’une séquence finale inattendue où elle troque définitivement toutes ses valeurs rétrogrades et sexistes contre l’émancipation. L’occasion pour la comédienne de faire un clin d’œil aussi drôle que touchant à sa mère, membre du parti féministe dans les années 70 qui l’emmenait dans les manifestations.

L’actrice forme enfin un duo attachant avec Édouard Baer, qui prête ses traits à son amour de jeunesse. Leur romance burlesque est à l’image du reste du film, et parvient à convoquer des émotions profondes avec la liberté, l’humour et le rythme savamment dosés par Martin Provost.

LA BONNE ÉPOUSE, disponible dès le 1er janvier sur CANAL+ dans le cadre du Film Good Festival

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