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Le retour cannois de Naomi Kawase avec Asa Ga Kuru

Posté par Rosario Ligammari le 22 octobre 2020
Réalisé par Naomi Kawase, ASA GA KURU (nommé aussi TRUE MOTHERS) sera projeté lors de l'édition spéciale du Festival de Cannes qui se déroulera du 27 au 29 octobre prochain. En attendant, faisons un retour sur le parcours de cette réalisatrice japonaise, habituée du Festival depuis sa première fiction SUZAKU en 1996.
Grand nom du cinéma d'auteur japonais

Aux côtés de Nobuhiro Suwa, Hirokazu Kore-Eda ou Shinji Aoyama, Naomi Kawase est l'une des figures les plus représentatives du cinéma d'auteur japonais contemporain. Photographe de formation, avec sa caméra portée à l'épaule, ses lumières naturelles et ses acteurs amateurs, Naomi Kawase se plaît à mêler le documentaire à la fiction autant qu'elle aime mélanger les atmosphères. Avec elle, le quotidien le plus terre-à-terre est transcendé par le mysticisme et l’ésotérisme. Avec elle, l'intimité la plus triviale devient poétique, les petits riens sont transfigurés par les grands espaces – sa filmographie compte de nombreux plans somptueux de la nature. Et, par extension, son cinéma est nourri d'une grande conscience écologique.

C'est au milieu des forêts ou des montagnes que ses personnages se posent de grandes questions existentielles, que cela soit sur la famille, l'abandon, la mort, le deuil ou la transmission. Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Avec Naomi Kawase, un lieu est toujours plus qu'un décor : c'est un souvenir.

Naomi Kawase et Cannes

Là où Naomi Kawase est toujours la bienvenue, c'est bien à Cannes. Si la cinéaste élabore ses films avec des budgets plutôt modestes, le fait de savoir qu'elle est attendue au Festival participe selon elle à l'énergie nécessaire pour continuer son œuvre. Car oui, avec SUZAKU, Naomi Kawase reçoit la Caméra d'or à la Quinzaine des réalisateurs dès 1997, alors qu'elle n'a que vingt-sept ans, et qui plus est pour ses premiers pas dans la fiction. À partir de là naît une grande histoire d'amour avec Cannes. Ses films sont des rendez-vous que le Festival ne loupe pas.

Depuis ce SUZAKU et en plus du fait qu'elle a été membre du jury en 2013, six de ses longs-métrages y ont été présentés, en compétition officielle ou dans les sections parallèles, comme SHARA en 2003, HANEZU, L'ESPRIT DES MONTAGNES en 2011, ou encore VERS LA LUMIERE en 2017 – ce dernier comptait pas moins de six nominations. Pour le dire autrement, quasiment tous ses films distribués en France sont sélectionnés à Cannes. ASA GA KURU s'ajoute à la liste.

Jusqu'à Asa Ga Kuru

Adaptation du roman éponyme écrit par Mizuki Tsujimura en 2015, ASA GA KURU (« Le matin vient » en japonais) est un film qui reprend les obsessions de la réalisatrice, en particulier le thème de la famille. Le film raconte l'histoire de Satoko (Hiromi Nagasaku) et Kiyokazu (Arata Iura), un jeune couple qui adopte un enfant. Six ans après l'adoption, un appel téléphonique vient tout chambouler : une femme nommée Hikari (Aju Makita) prétend être la mère biologique de l'enfant...

On le sait : beaucoup de longs-métrages de Naomi Kawase sont des récits autobiographiques. ASA GA KURU ne fait pas exception. Abandonnée par ses parents, la réalisatrice s'est retrouvée dans une famille adoptive, celle de son grand-oncle et de sa grande-tante (que l'on voit d'ailleurs dans LA FORET DE MOGARI en 2007). Il s'agit d'un retour aux sources pour Naomi Kawase puisque l'adoption était le sujet de ses premiers documentaires.

ASA GA KURU fait partie des quatre films de la Sélection Cannes 2020 à être diffusés en avant-première lors du Festival (entre le 27 et le 29 octobre)

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