Aller au contenu principalAller à la recherche

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX : pourquoi la saga reste indétrônable ?

Cela fait plus de vingt ans que la trilogie de Peter Jackson consacrée à l'œuvre de Tolkien continue de faire battre le cœur des cinéphiles et des fans de fantasy, sans prendre une ride. Quel est donc le secret du SEIGNEUR DES ANNEAUX ?

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, fidèle, mais pas trop

Difficile de transposer à l'écran les mots de Tolkien tant les livres LE SEIGNEUR DES ANNEAUX sont denses, descriptifs, et un brin contemplatifs. Beaucoup s'y sont essayés, ils ont eu des problèmes. Peter Jackson et les scénaristes Fran Walsh et Philippa Boyens ont tenté une approche différente : assumer de couper dans le lard du récit pour enlever de nombreux éléments et personnages, tout en tentant d'en garder la substance, l'esprit, et en ajoutant des traits narratifs bien plus cinématographiques. 

Et le résultat marche ! Grâce au talent du casting, les héros gagnent en vulnérabilité, notamment Boromir qui devient un personnage tragique, et là où les livres prennent leur temps, les films parviennent à maintenir un rythme dramatique constant malgré une durée conséquente. Les grandes thématiques de l'œuvre originale sont conservées, prouvant ainsi que Jackson n'entend pas copier, mais réellement adapter un récit qu'il a compris et auquel il apporte sa vision. Il prouve ainsi que l'on peut faire du cinéma d'auteur sous l'apparence d'un blockbuster. 

On est obligé de parler de la composition magistrale d'Howard Shore, la bande originale des films ayant participé grandement au succès de ces derniers, racontant tout le récit à travers la musique. On peut simplement fermer les yeux et parvenir à reconnaître les scènes. Un chef-d'œuvre. 

Un succès intemporel

Si LE SEIGNEUR DES ANNEAUX résiste si bien au temps, on peut louer autant sa qualité sur le fond comme sur la forme que sa méthode de fabrication. Là où les blockbusters modernes ont tendance à tourner sur fond vert et à construire l'essentiel de leurs scènes via le CGI, la trilogie SDA fait le choix de décors et de costumes réels. La Nouvelle-Zélande devient la Terre du Milieu (les lieux de tournage sont aujourd'hui des attractions touristiques), on forge les armes et les orcs sont des comédiens en costumes et maquillage. Cela donne de la chair à l'écran, du réalisme. Un peu comme lorsque Spielberg fait son JURASSIC PARK avec des animatroniques. On y croit parce qu'ils sont vrais. 

Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y avait rien de numérique. LE SEIGNEUR DES ANNEAUX a été pionnier dans le domaine de la motion capture, captant les mouvements et les expressions d'Andy Serkis pour donner vie à Gollum, ou pour déployer d'immenses armées lors des combats. 

La trilogie vaut également parce qu'elle incarne une narration bouclée, avec un début et une fin, là où Hollywood pense désormais principalement en termes d'univers étendus, de reboot ou remake. À l'époque, lorsque Peter Jackson décide de tourner ses trois films d'un seul coup, sans savoir si le premier connaîtra le succès au box-office (spoiler : il le connaîtra), tout sent la prise de risque financière difficilement acceptable aujourd'hui. 

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX est à la fois une œuvre de son temps, qui a utilisé les moyens de l'époque tout en créant sa propre révolution, et une trilogie qui continue de marquer le public, génération après génération, parce qu'elle a justement su ne pas se réduire à ça. Une trilogie comme le cinéma n'en faisait plus et… qui n'en fera peut-être plus ?