Le Tableau volé : la folle histoire vraie derrière le film avec Alex Lutz
Diffusé ce soir sur CANAL+, le film "Le Tableau volé" de Pascal Bonitzer avec Alex Lutz et Léa Drucker s’inspire d’un fait réel fascinant et méconnu. Une toile d’Egon Schiele, disparue pendant la Seconde Guerre mondiale, a refait surface plus de 60 ans après sa spoliation par les nazis. Voici les détails de cette incroyable affaire.
Le Tableau volé : Alex Lutz mène l'enquête
Cinq ans après "Les Envoûtés", Pascal Bonitzer revient avec Le Tableau volé. Sorti le 1ᵉʳ mai 2024 dans les salles françaises, le film se déroule dans le milieu des ventes aux enchères et s'inspire d'une histoire vraie.
Alex Lutz incarne André Masson, un commissaire-priseur travaillant pour la prestigieuse maison Scottie's. Un jour, il reçoit une lettre indiquant qu'une toile d'Egon Schiele aurait été découverte chez un jeune ouvrier à Mulhouse. D'abord sceptique, André se rend sur place et constate que le tableau est bien authentique : il s'agit d'une œuvre majeure disparue depuis 1939, spoliée par les nazis.
Cette découverte, qui pourrait être le couronnement de sa carrière, marque également le début d'un parcours semé d'embûches. Le film réunit également Léa Drucker dans le rôle de Bertina, l'ex-épouse et collègue d'André, Nora Hamzawi, et Louise Chevillotte qui incarne la stagiaire fantasque d'André.

L'histoire vraie derrière le film
Le tableau "Les Tournesols fanés", peint en 1914 sous les prémices de la Première Guerre mondiale, reflète une vision sombre de la nature, à l’opposé des Tournesols lumineux de Van Gogh, son inspiration. Egon Schiele y traduit la fragilité de la vie, un thème omniprésent dans son œuvre.
L’œuvre fut acquise par Karl Grünwald, collectionneur juif et proche de l’artiste, qui possédait plusieurs toiles de Schiele. Grünwald, ancien sous-officier ayant combattu pour l'Empire austro-hongrois, se considérait comme le protecteur du jeune peintre, dont il admirait le génie. Lorsque les nazis annexèrent l’Autriche en 1938, la famille Grünwald dut fuir. Karl parvint à réunir près de cinquante de ses œuvres les plus précieuses dans un camion, qu'il confia à un garde-meuble dans l'Est de la France.
Malheureusement, en 1942, les nazis mirent la main sur ce dépôt et vendirent le contenu aux enchères. Les biens juifs spoliés disparurent ainsi dans les circuits du marché de l'art sous l’Occupation.
Pendant ce temps, Karl Grünwald se réfugia en France, puis aux États-Unis, après avoir perdu sa femme et sa fille dans les camps d’extermination. Jusqu’à sa mort en 1964, il se battit en vain pour retrouver son patrimoine artistique.
Après plus de six décennies, l’histoire prit un tournant inattendu en 2005. Un ouvrier chimiste, ayant acheté une maison en viager à Mulhouse, découvrit le tableau parmi les possessions de l’ancien propriétaire. Ne connaissant pas la valeur de l’œuvre, il contacta Christie’s pour une expertise, qui dépêcha un commissaire-priseur, un certain Thomas Seydoux.
La toile fut authentifiée et rapidement mise aux enchères. La vente suscita un engouement considérable : estimée initialement entre 4 et 6 millions de livres sterling, l’œuvre atteignit 11,7 millions de livres (environ 17,2 millions d’euros). Un record pour une peinture de Schiele. Les héritiers de Grünwald récupérèrent l’intégralité des bénéfices de la vente et, en remerciement, rétrocédèrent 10 % au découvreur de la toile. Le tableau a été acquis par un collectionneur privé dont l'identité n'a pas été rendue publique.
Pour des raisons romanesques évidentes, Pascal Bonitzer a imaginé d'autres personnages pour "Le Tableau volé", mais la trame de l'histoire reste la même. Lors de la sortie du film, il avait déclaré que celui-ci lui permettait de confronter deux milieux sociaux très hétérogènes et de traiter la question de la Shoah et des pertes culturelles associées.
Le Tableau volé est à voir sur CANAL+.



