LES SEPT MERCENAIRES : la guerre d'ego qui a failli ruiner ce film culte !
En 1960, LES SEPT MERCENAIRES devient un classique instantané porté par plusieurs légendes d'Hollywood, présentes et futures. Mais de telles icônes du cinéma sur un plateau, c'est difficile à gérer. De quoi vous faire voir le film, disponible sur CINÉ+ OCS avec CANAL+, d'un autre oeil.
Steve McQueen, l'étoile montante
En 1960, John Sturges s'attaque à l'adaptation d'un monument cinématographique, sans savoir que son film en deviendra lui-même un. LES SEPT MERCENAIRES est une relecture façon épopée western des SEPT SAMOURAÏS d'Akira Kurosawa, sorti six ans plus tôt. On prend presque les mêmes et on recommence : des pauvres paysans persécutés par une bande de hors-la-loi embauchent sept fines gâchettes pour les protéger.
Un casting comprenant des gros noms du cinéma hollywoodien, pas encore tous connus à l'époque, comme Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter, James Coburn, Horst Buchholz ou encore Eli Wallach, futur "Tuco" chez Sergio Leone. Mais le compte n'est pas bon et les producteurs engagent une jeune star prometteuse qui commence à se faire un joli nom dans une série western, AU NOM DE LA LOI : un certain Steve McQueen. Mieux encore, avec sa belle gueule et son charisme, il parvient à obtenir le rôle de Vin Tanner, l'un des deux rôles majeurs du film, avec pas mal de répliques et de temps d'écran. Mais il y a une ombre au tableau : Yul Brynner.
Les deux mercenaires
Yul Brynner est une figure plus connue à Hollywood en 1960. Il a notamment joué dans LES DIX COMMANDEMENTS, ANASTASIA ou LES BOUCANIERS. Il tient donc logiquement la tête d'affiche dans la peau du chef des sept, Chris Larabee Adams. Sauf que Steve McQueen n'entend pas cela de la même oreille et sait que s'il doit percer dans le milieu, il doit capter la caméra.
Le tournage donna donc lieu à une véritable guerre d'ego entre les deux hommes au point où, hors de la scène, ils refusaient de s'adresser la parole. Mais entre la star affirmée et le jeune premier sur lequel il fallait capitaliser, il était difficile pour le film d'effacer l'un ou l'autre sous peine de perdre pas mal d'argent dans l'affaire. D'après plusieurs rumeurs, conscient qu'il ne pouvait pas avoir plus de scènes ou de temps de parole que son partenaire à l'époque, Steve McQueen multipliait les petits gestes d'improvisation pour capter la caméra davantage que Brynner, notamment en faisant tournoyer son chapeau en arrière-plan. Ce qui avait le don de faire sortir Brynner de ses gonds.
Heureusement, cette animosité ne se ressent jamais à l'écran et on peut même dire que l'amitié des deux personnages est l'un des composants essentiels dans la réussite des SEPT MERCENAIRES. D'ailleurs, Chris et Vin reviendront dans la suite, LE RETOUR DES SEPT (1966), avec Yul Brynner, mais sans Steve McQueen, remplacé par Robert Fuller. Le reste appartient à l'histoire.
