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LES TROIS FRÈRES fête ses 30 ans : pourquoi le tournage n’a pas été facile pour Didier Bourdon ?

En 1995, LES TROIS FRÈRES s’impose avec près de sept millions d’entrées et un César. Trente ans plus tard, retour sur la naissance du film culte des Inconnus et sur le tournage délicat vécu par Didier Bourdon.

LES TROIS FRÈRES : premier film, premier gros succès

Au début des années 1990, les Inconnus sont partout : à la télévision, sur scène, dans l’inconscient collectif. Leur humour, nourri de satire sociale et de détournements pop, appelle naturellement un passage au cinéma. Claude Berri, séduit par leur énergie, leur propose un film à sketches, un format logique pour un trio issu du Petit Théâtre de Bouvard. Les trois refusent. Didier Bourdon et Bernard Campan veulent raconter une vraie histoire et pas seulement faire une parodie.

Avec Michel Lengliney, ils façonnent alors un scénario très structuré. Le point de départ est simple : trois demi-frères qui se découvrent une mère commune doivent affronter la galère administrative d’un tel héritage. Ce point de départ permet une galerie de personnages typiquement « Inconnus » : publicitaires carnassiers (qui s’appellent tous « ma poule »), notaire insupportable (et la découverte du mot « usufruit ») et surtout huissiers inhumains (qui sont pourtant assermentés). Toute une France des années 1990, observée avec la verve moqueuse du trio. Le film incorpore même leur ADN télévisuel, comme la parodie du Millionnaire (il a eu les trois TV) sans jamais se transformer en best of.

Pour le rôle du petit Michaël, le fils caché du personnage interprété par Didier Bourdon, Claude Berri voulait Jordy, star nationale de Dur dur d’être un bébé. Les Inconnus tiennent bon : ils choisissent Antoine du Merle, moins formaté, mais plus vrai, et surtout beaucoup plus impliqué.

Sorti le 13 décembre 1995, LES TROIS FRÈRES crée la surprise. Avec près de 7 millions de spectateurs et le César de la Meilleure Première Œuvre en 1996, la comédie se hisse parmi les plus grands succès populaires des années 1990.

Il faudra attendre 2014 pour un retour au cinéma avec LES TROIS FRÈRES : LE RETOUR, un succès plus modéré, mais la preuve que la légende reste vivace.

Un tournage compliqué pour Didier Bourdon

Derrière les éclats de rire, Didier Bourdon vit pourtant l’un des moments les plus compliqués de sa carrière. Co-réalisateur, scénariste et acteur principal, il traverse alors une période de cyclothymie, un trouble de l’humeur qui alterne phases d’euphorie et profond découragement.

Sur le plateau, cette fragilité se traduit par une autocritique permanente. Chaque soir, en visionnant les rushs, il s’effondre : “C’est de la merde !”. Même la musique (il évoque Sting en interview), son autre grande passion, lui paraît insupportable. Avec le recul, il comprend que sa perception est déformée par son état émotionnel, mais sur le moment l’angoisse le ronge.

Bernard Campan et Pascal Légitimus racontent combien il fallait parfois le rassurer, insister pour lui montrer que les scènes étaient bonnes, que le film fonctionnait. Paradoxalement, c’est le public qui finira de le convaincre : l’enthousiasme, le bouche-à-oreille, les millions d’entrées.

30 ans plus tard, la comédie LES TROIS FRÈRES est toujours au panthéon du cinéma français, et on continue d’utiliser ses répliques cultes au quotidien.

C’est le mimi, c’est le rara, c’est le miracle !