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MARCHE OU CRÈVE sur CANAL+ : explication de la fin, qui gagne la course dans le film et dans le livre de Stephen King ?

Adapté du roman de Stephen King, le thriller dystopique MARCHE OU CRÈVE fait sensation en ce moment sur CANAL+. Si la fin du film pose question, elle est assez différente de celle de l'œuvre d'origine.

MARCHE OU CRÈVE : un HUNGER GAMES façon Stephen King

Lorsqu’il ne travaille pas sur la franchise HUNGER GAMES, le réalisateur Francis Lawrence s'autorise un pas de côté pour adapter Stephen King. C’est ce qu’il a fait avec MARCHE OU CRÈVE (The Long Walk), un projet tourné entre HUNGER GAMES : LA BALLADE DU SERPENT ET DE L'OISEAU CHANTEUR (2023) et HUNGER GAMES : LEVER DE SOLEIL SUR LA MOISSON (prévu au cinéma pour novembre 2026).

Tiré du roman éponyme de Stephen King (publié en 1979 sous le pseudonyme de Richard Bachman), le film imagine une Amérique dystopique où le gouvernement tente de remotiver la population en organisant chaque année « la Longue Marche ». Une cinquantaine de jeunes hommes doivent marcher sans jamais s'arrêter à une allure minimale. S’ils ralentissent ou stoppent leur effort, ils reçoivent jusqu’à trois avertissements avant d’être abattus. 

Le dernier survivant remporte une fortune et se voit accorder le souhait de son choix. À la tête de ce programme macabre se trouve le Colonel, une version militaire à peine voilée de Donald Trump? incarné par Mark Hamill méconnaissable.

Les différences entre le film et le roman

Pour transposer le roman en film, Francis Lawrence et son scénariste J.T. Mollner ont procédé à quelques modifications, avec la bénédiction de Stephen King. Ainsi, le long-métrage ne met en scène que 50 participants au lieu des 100 du livre, principalement pour des raisons de budget.

De plus, le rythme de la marche est passé de 4 mph (environ 6 km/h dans le livre) à 3 mph (soit 4,8 km/h). C’est Stephen King lui-même qui a fait la demande de ce changement, réalisant après coup qu'il était impossible de tenir un rythme aussi élevé pendant plusieurs jours.

Mais le bouleversement le plus radical concerne l'identité du vainqueur. Dans le livre et le film, Ray Garraty (Cooper Hoffman) et Pete McVries (David Jonsson) sont les deux finalistes. A l’origine, McVries abandonne pour laisser son ami gagner. Dans le film, Francis Lawrence a décidé d’ajouter un rebondissement puisque Ray refuse ce dénouement, relève son ami au dernier moment et choisit de s'arrêter à son tour.

Une fin nihiliste et ouverte

C'est donc Pete McVries qui remporte la Longue Marche dans la version cinéma. Interrogé par le site GoldDerby, le réalisateur a d’abord justifié ce choix par l'envie de surprendre le public :

En commençant l'histoire du point de vue de Garraty, le public s'attendait logiquement à ce qu'il gagne. Nous voulions créer un véritable choc de narration, nous avons donc modifié le dénouement et inversé l'identité du survivant.

Au-delà de la surprise, ce choix répond également à une logique morale. Dans le long-métrage, Ray Garraty est guidé par une soif de vengeance - son but est d'utiliser son « souhait de vainqueur » pour faire exécuter le Colonel. Pour le cinéaste, cette trajectoire n’était pas juste moralement. Il a donc préféré offrir la victoire à Pete, dont le passé a été plus profondément développé à l'écran.

Une fois déclaré vainqueur, Pete utilise son souhait pour abattre le Colonel accomplissant ainsi la promesse de son ami défunt. Francis Lawrence a d'ailleurs révélé qu'une fin alternative, où Pete se contente de s'enfuir sans tuer le militaire, a été testée auprès d'un public test, mais provoquant exactement les mêmes réaction. Le cinéaste a donc opté pour celle qu’il préfère, “plus nihiliste”, et ouverte quant au destin du dernier survivant : 

Est-il vivant ? Est-il mort ? A-t-il tout de même gagné ? Que signifie ce départ ? À vous de l'interpréter.