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MOUNTAINHEAD : le créateur de "Succession" s'attaque aux géants de la tech

Grossièrement inspiré des tristement réels Elon Musk, Mark Zuckerberg ou encore Jeff Bezos, MOUNTAINHEAD livre une caricature froide des géants de notre monde.

L’illusion du génie

MOUNTAINHEAD s’en prend à la figure du “tech messiah”, les milliardaires de la Silicon Valley qui, à partir d’une idée pour améliorer le monde, finissent par le voir brûler. Mais au lieu de chercher des solutions pour l’améliorer ou régler la situation, les personnages froids et vaniteux de cette satire ne pensent qu’au montant de leurs actions, prétendant que leur technologie n’est en rien responsable de ces “deep fakes”, ces images inventées grâce à l’intelligence artificielle, qui créent des conflits aux quatre coins du monde. Et si Randall Garrett, interprété par Steve Carell, est la figure de proue de cette bande, il finit également par être le plus dangereux : pour éviter un problème, quoi de mieux que de tuer celui qui n’est pas d’accord avec lui ? Avec une interprétation dans la continuité d’un Michael Scott (THE OFFICE) complètement déconnecté mais avec un QI très élevé, le film se transforme en comédie noire quand l’idée retenue est celle du meurtre. 

 

Autodestruction par l’ego

Le film de Jesse Armstrong (SUCCESSION) illustre grossièrement l’élite technologique mondiale. Le personnage de Venis Parish (Cory Michael Smith) est une caricature à la fois évidente de Zuckerberg, avec un col roulé noir à la Steve Jobs, tout en jouant un Musk qui a complètement perdu la tête : froid, manipulateur et convaincu de faire le bien tout en disséminant de l’information, il n’hésite pas à retourner sa veste quand l’occasion lui semble plus profitable, n’hésitant pas à trahir l’ami qui lui semble le moins “bankable” à ce moment-là. En mettant ces quatre milliardaires en huis-clos, dans un châlet de l’Utah, l’absurde et le manque d’empathie écrasent la médiocrité humaine. Le film ne cherche pas tant à caricaturer qu’à mettre à nu les excès de la Silicon Valley et à en montrer les fondations idéologiques, à grand renforts de cynisme. 


 

Satire claustrophobe

Mais face à ces trois milliardaires vaniteux, Jeff Abradazi (Ramy Youssef) semble être le seul à être un minimum lucide, ce qui le rend suspect auprès de ses amis. Pourquoi serait-il le seul à avoir encore des idéaux ? Pourquoi essaie-t-il de mettre ses amis face au miroir déformant de leurs erreurs, travaillant sur une technologie qui permet de contredire leurs IA révolutionnaires, afin d’éviter tant de crises inutiles à travers le monde ? En appuyant sur les défauts de ces technologies et la façon dont celles-ci peuvent nuire au monde au lieu de l’améliorer — et faire chuter leurs actions —,  il devient la menace à éliminer. Si le film peut se montrer parfois trop hermétique, cette satire cruelle reflète les illusions perdues de notre époque, celles où la technologie n’est plus forcément la solution mais peut être le problème. 

MOUNTAINHEAD est disponible sur MAX via CANAL+.