NUREMBERG sur CANAL+ : que s’est-il vraiment passé entre Douglas Kelley et Hermann Göring ?
Dans NUREMBERG, disponible sur CANAL+ à partir de ce 29 septembre, Rami Malek incarne Douglas Kelley, le psychiatre américain chargé d’évaluer les dignitaires nazis avant leur procès. Face à lui, Russell Crowe campe Hermann Göring, ancien bras droit d’Hitler. James Vanderbilt fait de leur relation le cœur de son film et la transforme en véritable duel psychologique. Cette proximité a pourtant bien existé, même si NUREMBERG prend plusieurs libertés avec ce qui s’est réellement passé.
La relation entre Kelley et Göring a bien existé
À la seule évocation de son nom, NUREMBERG, convoque déjà énormément d'images chez de nombreux spectateurs : celles des principaux dignitaires nazis assis dans le box des accusés, quelques mois seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour son film, James Vanderbilt décide de se concentrer sur une intrigue un peu plus méconnue du grand public : la relation entre Douglas Kelley, psychiatre, et Hermann Göring, qualifié de « bras droit d'Hitler ».
Quand il arrive en 1945, Douglas Kelley a une mission décisive entre ses mains : il doit déterminer si les principaux responsables nazis sont mentalement aptes à être jugés au procès. Très vite, Hermann Göring devient le prisonnier qui l’intéresse le plus. Le film montre ainsi Douglas Kelley fasciné par son intelligence et cherchant à comprendre comment un homme parfaitement lucide a pu participer à un régime responsable de tels crimes. Une partie qui repose largement sur la réalité.
Kelley a effectivement passé de nombreuses heures avec Göring et lui a fait passer plusieurs tests psychologiques. Il a aussi supervisé son sevrage à la paracodéine, dont l’ancien dirigeant nazi consommait d’importantes quantités. Leur relation devient suffisamment proche pour que Göring lui parle de sa famille et lui accorde une confiance inhabituelle.
Kelley arrive surtout à une conclusion qui deviendra centrale dans son travail : il ne trouve pas chez Göring une maladie mentale qui permettrait d’expliquer ses actes. L’homme qu’il observe est intelligent et très narcissique, mais parfaitement capable de comprendre ce qu’il fait.

Jusqu’où NUREMBERG reste-t-il fidèle à leur histoire ?
La proximité montrée dans le film n’est donc pas inventée. Selon Jack El-Hai, auteur de THE NAZI AND THE PSYCHIATRIST, dont NUREMBERG est adapté, Kelley et Göring ne sont jamais devenus amis. Ils ont toutefois développé une relation particulière et chacun cherchait aussi à obtenir quelque chose de l’autre.
Kelley a notamment accepté de faire passer des lettres entre Göring et sa famille. Göring lui a même demandé s’il accepterait de s’occuper de sa fille Edda si sa femme venait à mourir.
Le film accentue en revanche l’importance de Kelley pendant le procès. Dans la réalité, il avait déjà quitté Nuremberg lorsque Göring témoigne devant le tribunal et son rôle dans la stratégie de l’accusation a été beaucoup plus limité.
Un dernier détail rend pourtant leur histoire encore plus étrange. Göring se suicide au cyanure en 1946, quelques heures avant son exécution. Douze ans plus tard, Kelley meurt lui aussi après avoir avalé du cyanure. Rien ne permet d’affirmer qu’il ait voulu reproduire son geste, et la théorie selon laquelle il aurait conservé une capsule appartenant à Göring n’est pas étayée.
