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LE TESTAMENT D’ANN LEE : l’histoire vraie des « Shaking Quakers »

Mystique et profondément habité, LE TESTAMENT D’ANN LEE raconte un destin hors norme : celui d’une femme devenue prophétesse au XVIIIᵉ siècle. Porté par une Amanda Seyfried en grande forme et la vision singulière de Mona Fastvold, le film explore la naissance d’une croyance révolutionnaire.

Une fresque historique… vibrante

Remarquée avec THE SLEEPWALKER (2014) et THE WORLD TO COME (2020), c'est surtout pour THE BRUTALIST, le chef-d’œuvre aux trois Oscars qu'elle a co-écrit, que Mona Fastvold s'est fait connaître en France. La scénariste et réalisatrice norvégienne – qui a également quelques rôles sur grand écran à son actif – propose avec LE TESTAMENT D’ANN LEE un long métrage ambitieux qui mêle reconstitution historique et audaces formelles — notamment par l’usage de chants et de chorégraphies inspirés des rites des Shakers. Et dans le rôle-titre, Amanda Seyfried offre une intensité physique et émotionnelle remarquable.

Au cœur de ce récit pour le moins original se trouve la véritable figure d’Ann Lee, née en 1736 à Manchester. À l’époque, la jeune femme rejoint un groupe religieux dissident issu de la Société des Quakers, connu pour leurs rituels particuliers et une sorte de transe — d’où leur surnom de « Shaking Quakers ». Un aspect central que LE TESTAMENT D’ANN LEE s'applique à retranscrire d'une manière visuelle et sonore audacieuse, en intégrant des hymnes traditionnels des Shakers réinventés par le compositeur Daniel Blumberg, ainsi que des séquences chorégraphiées qui soulignent le caractère corporel et mystique du culte.

Ann Lee et la naissance des Shaking Quakers

Femme d’une grande ferveur spirituelle, Ann Lee devint rapidement la leader de ce mouvement avant-gardiste qui prônait l’égalité entre les sexes, le renoncement aux possessions individuelles et surtout le célibat absolu, qu’elle voyait comme une voie vers la rédemption. Persécutée en Angleterre pour ses croyances non orthodoxes, elle traversa l’Atlantique en 1774 avec ses fidèles pour s’implanter en Amérique, où elle fonda les premières communautés Shaker.

L’histoire des Shakers — leurs chants, leurs danses et leur quête d’une société utopique égalitaire — a suscité fascination et rejet, marquant durablement l’imaginaire religieux américain. Et c’est cette double tension entre extase et rigueur doctrinale que LE TESTAMENT D’ANN LEE cherche, avec beaucoup de cœur, à restituer, entre fidélité historique et liberté cinématographique.

LE TESTAMENT D’ANN LEE de Mona Fastvold, en salle le 11 mars.