TENZING : l’incroyable histoire vraie derrière le film avec Tom Hiddleston
Disponible sur Apple TV (avec CANAL+), TENZING : À LA CONQUÊTE DE L'EVEREST raconte comment deux hommes ont atteint pour la première fois le toit du monde. Retour sur l’histoire vraie de Tenzing Norgay, le héros népalais au cœur de cette épopée.
TENZING : dominer l’Everest pour s’affranchir
Le « héros du siècle ». C'est ainsi que Le Monde présentait Tenzing Norgay dans un article paru en 2003, qui récapitulait l'exploit du Népalais parvenu au sommet de l’Everest le 29 mai 1953. Longtemps relégué au second plan derrière l’alpiniste néo-zélandais Edmund Hillary, le sherpa est remis à l’honneur grâce au long-métrage TENZING : À LA CONQUÊTE DE L'EVEREST, disponible sur Apple TV (avec CANAL+).
Réalisé par Jennifer Peedom — à qui l'on doit le documentaire SHERPA (2015) —, le film aux paysages vertigineux retrace le parcours de Tenzing Norgay (incarné par Genden Phuntsok) jusqu’à sa participation à l'expédition britannique de 1953. Le récit met également en lumière son amitié avec Edmund Hillary (Tom Hiddleston), née en partie du sentiment de marginalisation partagé par les deux hommes.
En effet, comme le montre le film, les sherpas (dont l’importance est cette fois pleinement valorisée) ne considèrent pas Tenzing comme l'un des leurs en raison de ses origines — issu d'un autre clan tibétain. De son côté, Hillary, originaire de Nouvelle-Zélande, est qualifié avec condescendance de « Kiwi » par les alpinistes britanniques.
Une différence qui s’avère être un véritable handicap pour leur objectif de gravir l'Everest (Chomolungma en tibétain / népalais), mais qui va finalement les pousser à s’entraider et sceller leur amitié.

L’histoire vraie de Tenzing Norgay
Né au sein d'une famille semi-nomade au pied de l’Everest, Tenzing Norgay (mort le 9 mai 1986 à l’âge de 71 ans) est aujourd’hui une figure légendaire en Inde et au Népal. Une sorte d’équivalent de Neil Armstrong, selon les mots de Tenzin Dalha, qui interprète la version jeune du héros à l'écran.
Pourtant, rien ne le prédisposait à une telle destinée. De par ses origines (il appartenait au peuple des Khampas) il semblait condamné à devoir servir les plus aisés ou à garder des troupeaux, comme le rappelait Stéphane Bern dans une émission d’Europe 1 consacrée à Norgay.
Tenzing quitte alors sa région natale pour découvrir Katmandou, avant de retourner auprès de ses parents. Ce voyage est un véritable déclic pour lui. Dès l'âge de 18 ans, il s'installe à Darjeeling, une ville en pleine modernisation qui attire de nombreux Européens, et notamment des alpinistes déterminés à dompter les sommets environnants.

Les premières expéditions sur l’Everest
Dès 1921, une première expédition menée par George Mallory part explorer l'Everest. Ce dernier retente l’aventure en 1922, mais une avalanche emporte un groupe et tue sept sherpas. L'alpiniste britannique ne renonce pas pour autant et s’élance en 1924 dans une troisième tentative aux côtés d’Andrew Irvine et de 60 porteurs. Les deux hommes disparaissent au cours de cette ascension. Et le corps congelé de George Mallory ne sera retrouvé qu'en 1999.
Tenzing, quant à lui, n'intègre sa première expédition qu'en 1935 sous la direction de Hugh Ruttledge, en tant que simple porteur chargé de transporter plus de 40 kg sur son dos. Il renouvelle l'expérience en 1936, cette fois comme sherpa, puis échappe de peu à la mort en 1938 après une avalanche.
Des épreuves qui n'entament en rien sa détermination. Contrairement aux autres sherpas, Tenzing ne considère pas la montagne comme un simple moyen de gagner sa vie, mais comme une vocation sacrée. Interrogé par l’AFP, le fils de Tenzing Norgay a rappelé que son père « ne grimpait pas pour la gloire, mais parce que c’était sa passion ».
C’est ce caractère passionné qui a convaincu Raymond Lambert de le choisir pour les deux expéditions suisses de 1952. Malgré une nuit passée à 8 300 mètres d'altitude, le duo doit renoncer à 8 600 mètres — un record mondial d'altitude pour l'époque.

Tenzing Norgay sur le toit du monde
Cette collaboration avec Lambert reste un tournant pour Norgay, qui se sentait enfin traité comme un égal avec les Suisses — ce qui explique sa réticence initiale à rejoindre l'expédition britannique suivante. Son expérience inégalée du terrain s’avère toutefois capitale lors de sa septième tentative, supervisée par John Hunt.
Tandis que les porteurs approvisionnent les camps d'altitude, les alpinistes progressent en duo. Tenzing avance ainsi avec Edmund Hillary. Lorsque la première cordée composée de Tom Bourdillon et Charles Evans doit faire demi-tour à seulement 90 mètres du but par manque d'oxygène, Tenzing et Hillary prennent le relais.
Après une nuit glaciale et un départ à l’aube par -25 °C, le duo dépasse la position extrême de leurs prédécesseurs. Une muraille de roche verticale de 12 mètres de haut se dresse alors face à eux. Au terme d'un dernier effort, ils franchissent l'obstacle et à 11 h 30, le 29 mai 1953, ils touchent enfin au but.
À peine 15 minutes de répit — le temps pour Hillary d'immortaliser Tenzing brandissant son piolet avec les drapeaux népalais, britannique, indien et des Nations unies —, et les deux hommes doivent déjà entreprendre la descente. Mais l'essentiel est accompli : Tenzing Norgay est sur le toit du monde et vient d’entrer à jamais dans l'Histoire.
