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The Third Murder : quand Hirokazu Kore-eda s'essaye au polar avec brio

Posté par Rosario Ligammari le 7 Mai 2019
Doté d'un style épuré et délicat, Hirokazu Kore-eda a toujours placé la famille au cœur de ses films. Avec le polar The Third Murder, le réalisateur japonais change complètement de registre. Mais lui-même a-il changé pour autant ?
Kore-Eda et la famille

Dans la pure continuité du cinéma de Yasujirô Ozu, Hirokazu Kore-eda est un portraitiste de la famille. De Still Walking en 2009 (où il est question de deuil au sein d'une famille) à Tel père, tel fils en 2013 (où il est question de filiation), le réalisateur japonais traite du même sujet et possède une patte reconnaissable : ses films sont subtils, tendres, élégants, peuplés d'enfants, enveloppés d'une petite mélodie nostalgique et complétés par cette touche de mélancolie d'où éclot une grâce fragile. Néanmoins il ne faut pas se leurrer, tout cela camoufle la plupart du temps les névroses (et les secrets) de ses personnages : la dépression est logée entre les plans. SI la lumière chasse l'ombre, cette dernière menace toujours de refaire surface. Alors quand Kore-eda réalise The Third Murder, il faut s'attendre à un contraste entre le polar, noir par définition, et son style, lumineux par excellence.

Un nouveau genre pour le réalisateur japonais

Si au cinéma le polar est un genre qui nous est familier, c'est un registre qui est loin de l'être chez Kore-eda. Avec The Third Murder, le réalisateur japonais bouscule ses habitudes. C'est l'histoire de Misumi, un homme accusé de vol mais surtout de l'assassinat de son patron, ce qui est passible de peine de mort au Japon. S'il a avoué son crime et qu'il a été inculpé de meurtre trente ans auparavant, le doute plane quant à sa culpabilité. Kore-eda a l'art de dire en ne montrant peu: il n'aime rien tant que filmer de longues scènes de bavardages, par ailleurs souvent parsemés de non-dits. Finalement, le thriller sied au réalisateur japonais, le suspense consistant à ne pas tout dévoiler, à laisser dans l'ombre certains éléments jusqu'à ce la vérité éclate à la lumière du jour.

Toujours la même patte

On connaît la phrase de Destouches devenue adage populaire : « Chassez le naturel il revient au galop ». Certes Kore-Eda joue le jeu du polar, s'empare de ses codes et surprend par sa maîtrise du genre mais, pour paraphraser sa Palme d'or, son cinéma est – et restera – toujours « une affaire de famille ». Il n'y a rien à faire, la famille, c'est son cadre : dans The Third Murder, il y a une fille de substitution, des pères aux comportements peu appropriés...
S'il change de registre, voire de ton, Kore-eda ne se métamorphose pas non plus pour autant. L'action découle d'une analyse psychologique : on a affaire à un thriller empathique. Enfin, plus que les rouages de la justice, c'est l'humain qui l'intéresse ; l'homme au cœur de la justice. Il n'y a vraiment pas l'ombre d'un doute : The Third Murder est bien un film signé Hirokazu Kore-eda.

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