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Vous allez être très émus par le film que Joséphine Japy a réalisé pour rendre hommage à sa soeur

Invitée sur le plateau de SUPER PLAN, Joséphine Japy y a présenté QUI BRILLE AU COMBAT, son premier long métrage en tant que réalisatrice. Un film intime et puissant, nourri de son histoire familiale, dans lequel elle dirige Mélanie Laurent.

Lutte intime

Derrière QUI BRILLE AU COMBAT, le premier long métrage de Joséphine Japy, il y a le sens étymologique du prénom Bertille, la plus jeune des deux sœurs de la famille Roussier, atteinte d’un handicap lourd au diagnostic incertain. Cette famille, bien qu’ici inscrite dans un récit de fiction, c’est celle de l’actrice-réalisatrice, qui passe derrière la caméra pour raconter une trajectoire extrêmement intime. La famille Roussier vit dans un équilibre fragile autour de cet enfant qui accapare les efforts et pensées de chacun, et qui pourrait perdre la vie à tout moment. Lorsqu’un nouveau diagnostic est posé, les cartes sont rebattues et un nouvel horizon se dessine...

Interviewée par Antoine de Caunes, Joséphine Japy dévoile le cheminement de pensée derrière le titre du film : « Quand j’ai commencé à réfléchir au scénario, il a bien fallu mettre un titre, même si provisoire, et je me suis mise à regarder la signification de tous les prénoms dans ma famille – dont Claire, la clairvoyante. Je suis arrivée à Berthille, celle qui brille au combat, qui est un prénom prophétique, car quand mes parents lui donnent ce prénom, ils ne savent pas qu’un diagnostic compliqué va arriver. J’ai enlevé le « Celle » du titre pour évoquer « tous ceux » qui brillent au combat. »

Une cinéphilie fondatrice

Sur le plateau de SUPER PLAN, Joséphine Japy a raconté comment une cinéphilie précoce avait nourri très tôt un désir de création chez elle. « Ma famille ne travaillait pas dans le cinéma mais mon père était extrêmement cinéphile et m’a fait regarder les films qu’il aimait. Il y a eu du Buster Keaton, des Chaplin, des Truffaut... Regarder les films de Truffaut, ça donne envie de tout faire ! ».

Si elle débute donc comme comédienne (dans NEUILLY SA MÈRE en 2009), elle construit ensuite une solide carrière (RESPIRE, MON INCONNUE, LES FANTASMES…) avant de passer à la réalisation. Présenté à Cannes en mai dernier dans la section Séances spéciales, QUI BRILLE AU COMBAT marque une étape importante pour Joséphine Japy. « Pour réaliser un premier film, je crois qu’il faut être extrêmement naïf ! Il faut à la fois ignorer à chaque fois l’étape suivante et avoir une volonté de pitbull pour arriver au bout... Je ne pense pas qu’on puisse faire un film aussi intime en pesant tout ce que ça peut impliquer. »

Des retrouvailles naturelles avec Mélanie Laurent

Interrogée sur le casting de ce film foncièrement personnel, Joséphine Japy s’est attardée sur le choix de la jeune fille qui incarne Berthille Roussier. « Quand on a débuté le casting, j’avais cette envie de trouver une jeune fille en situation de handicap… ». Seulement, des questions essentielles de consentement se posent lors d'auditions avec des jeunes filles non verbales et d'autres à qui la réalisatrice se voit contrainte de demander de « régresser dans leur handicap. J’ai ouvert cette porte dans ma tête où je me suis dit qu’il fallait peut-être que je sollicite une actrice valide qui se fasse porte-parole. Et puis, on m’envoie une vidéo et j’ai tout de suite l’émotion, l’intuition que c’est ma sœur. Ma mère a été convaincue directement. Sarah Pachoud est circassienne donc elle a vraiment l’habitude de travailler tout le temps avec son corps, avant de s’exprimer avec les mots. »

Et pour incarner la mère de ce récit singulier, Joséphine Japy retrouve Mélanie Laurent, qu’elle avait connue comme réalisatrice pour RESPIRE il y a dix ans, film qui avait valu à Japy une nomination pour le César du meilleur espoir féminin. « Je me suis demandé si on allait devoir tâtonner, retrouver nos marques avec, mais ça s’est fait en une seconde et demie. Mélanie sait tellement ce que c’est de réaliser un film… Pour QUI BRILLE AU COMBAT, elle avait souvent envie de pleurer car elle voulait retrouver l’émotion qu’elle avait éprouvée en lisant le scénario et je l’en empêchais à chaque fois. Elle a adoré que je la frustre. »

QUI BRILLE AU COMBAT de Joséphine Japy, en salles le 31 décembre.