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Baron noir, un exercice d’équilibriste entre fiction et réalité

La série qui revient bientôt sur CANAL+ est plus vraie que nature. Même si la fiction dépasse parfois un peu la réalité… ou l’inverse. Ce qui ne facilite pas la tâche des scénaristes.

« Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. … »

On l’a beaucoup dit, la très réaliste série Baron noir nous fait fortement penser à certaines situations, qui ont eu lieu ou pourraient tout à fait avoir lieu.

Pas vraiment étonnant, car son coscénariste Éric Benzekri connaît bien l’arène politique : ancien collaborateur de Julien Dray et Jean-Luc Mélenchon, il a été à la bonne école. 
 

Si la série reste dans le domaine du vraisemblable dans la première saison (les « affaires », les perquisitions, la manipulation permanente… autant de situations familières), pour les créateurs Éric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, la difficulté a été d’imaginer une suite mettant en scène la déliquescence du Parti socialiste, alors que celui-ci, dans la réalité, partait aussi à vau-l’eau.

Écrivant au moment même où le paysage politique était en pleine recomposition, durant la campagne.

Un exercice très délicat, voire explosif (mais ô combien stimulant) pour les deux showrunners, qui s’entourent régulièrement d’experts de tous horizons pour mieux coller à la réalité. 
 

Elle a, de fait, anticipé certains des bouleversements qui auraient cours en 2017, avec l’élection présidentielle et le nouvel échiquier politique.

Car Baron noir colle à l’époque. Au plus près de nos problématiques, il aborde frontalement le fléau du terrorisme, un sujet que les scénaristes ne pouvaient pas contourner, mais aussi l’agonie du monde ouvrier.

Ou les débats aigus qui agitent et divisent notre société, de la carte scolaire à la laïcité en passant par la nouvelle loi Santé ou les lobbys pro-vie.

Sans oublier l’exercice du pouvoir, avec l’usage du 49.3, les alliances (ou pas) avec les autres partis… 
 

Mais à force de se frotter à la réalité, la série a fini par la dépasser.

« Baron Noir a dû faire preuve d’une bonne dose d’imagination pour mettre une femme à la présidence. La France, elle, ne l’a encore jamais fait », écrivait le New York Times. À moins que la fiction ne précède la réalité.
 

Baron noir, saison 3, Création Originale, prochainement sur CANAL+.