"Cléopâtre, à la recherche du tombeau disparu" : une docufiction sur la reine des reines
Au moment où le débat sur la couleur de peau de la dernière pharaonne d’Égypte fait rage, cette nouvelle série documentaire en quatre épisodes choisit de raconter la vie légendaire de Cléopâtre en mettant l'accent sur la recherche toujours en cours de son tombeau. Un site archéologique aussi mystérieux que cette reine elle-même, qualifiée par un spécialiste de "plus grand mythe féminin de l'histoire".
Une quête obsessionnelle mais infructueuse
Il n'est pas nécessaire d'être un égyptologue reconnu pour comprendre que la découverte de la tombe de Cléopâtre VII constituerait une découverte archéologique majeure. L'archéologue qui réussirait à percer ce mystère entrerait lui-même immédiatement dans l'Histoire, ce qui explique pourquoi tant de personnes cherchent à trouver cet emplacement qui reste introuvable depuis plusieurs millénaires.
C'est le cas de Kathleen Martínez, que le documentaire suit sur le site de Taposiris Magna, où elle tente de découvrir le tombeau de Cléopâtre depuis près de vingt ans, persuadée que la demeure de la dernière reine d'Egypte se trouve dans cet immense temple dédié à Isis, divinité à laquelle Cléopâtre était associée.
En compagnie du célèbre égyptologue Zahi Hawass, on suit ses recherches, ses découvertes et ses déceptions dans ce site exceptionnel, notamment ses interminables tunnels, des merveilles d'ingénierie antique à déconseiller aux claustrophobes. La tâche est d'autant plus herculéenne qu'on ignore carrément l'emplacement de toutes les sépultures de la dynastie lagide (les fameux Ptolémée) dont faisait partie Cléopâtre.
Les archéologues progressent donc tout doucement et cherchent partout, dans le désert comme sous l'eau, en mettant la main au passage sur des pièces majeures comme des momies, des sculptures ou des hiéroglyphes qui peuvent être autant d'indices pour se rapprocher du but.
Mais si cette quête du tombeau de Cléopâtre est aussi obsessionnelle, c'est aussi parce que sa découverte répondrait à de nombreuses questions sur cette reine dont la vie reste tellement mystérieuse que la légende et les croyances ont depuis longtemps comblé les trous.

Une légende qui dépasse la réalité
Cette série documentaire accorde donc aussi une large place à des reconstitutions de la vie de Cléopâtre en docufiction, de son accession au pouvoir à sa mort prématurée. Le premier épisode rappelle par exemple que Cléopâtre est devenue très tôt un véritable animal politique en raison de son entourage familial. Fine stratège et dotée d'une intelligence redoutable, on sait qu'elle a dû batailler avec son frère pour le trône.
La série revient notamment sur l'épisode savoureux du tapis, selon lequel elle serait revenue de son exil incognito, cachée dans un tapis offert à César… Celui-ci aurait été immédiatement séduit par l'audace, la voix et bien sûr le corps de Cléopâtre, objet de tous les fantasmes depuis des siècles et des siècles. Le documentaire évoque forcément cette relation transformée en alliance politique et militaire, une situation qui se reproduira par la suite avec Marc Antoine.
Comme les adeptes de l'antiquité le savent, cette histoire finira mal à cause d'Octave – le premier empereur romain – et conduira au suicide si célèbre du couple (objet du dernier épisode), alors que Cléopâtre avait réussi à se maintenir au pouvoir en faisant éliminer physiquement la plupart des ses rivaux, y compris au sein de sa famille de sang.
Ces actes impitoyables ont évidemment beaucoup fait pour la légende sulfureuse de Cléopâtre, et la série leur consacre en toute logique un épisode entier (le troisième). Enfin, le deuxième contient une curiosité notable, puisqu'à l'aide des outils les plus modernes, une équipe tente de reconstituer le visage de Cléopâtre. Conclusion : elle était probablement métisse – en raison des origines gréco-macédoniennes de sa mère. Cela suffira-t-il à clore le débat ? Rien n'est moins sûr.

Cléopâtre, à la recherche du tombeau disparu, une série documentaire PLANÈTE+, disponible avec CANAL+.
