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Gérard Jugnot, une vie de comédie, un documentaire sur un acteur tout simplement Splendid

« Moi j'ai acheté cet appartement du 15 au 30, si tout le monde dépasse d'une demi-journée, qu'est-ce qu'il se passe ? L'année prochaine, je skie au mois de juillet. » Que ce soit dans Les Bronzés font du ski de Patrice Leconte en 1979 ou n’importe quelle autre comédie, tout le monde se souvient de Gérard Jugnot dans ses rôles cultes. Souvent, des personnages comiques incarnant parfaitement le « Français moyen », avec ses côtés bonhommes, ses défauts et surtout, sa mythique moustache.

Dans le documentaire Gérard Jugnot, une vie de comédie de Jérôme Wybon, l’acteur, réalisateur, scénariste et producteur revient sur sa longue carrière. En commençant par ses débuts : s’il a réussi, c’est en partie grâce à cette fameuse moustache, nous révèle-t-il, qui lui a permis de jouer une quinzaine de petits rôles, de plombier par exemple… « On arrivait avec notre trousse à outils, on se faisait remarquer. »

Nourri à la comédie italienne, au cinéma de Louis de Funès, de cape et d’épée, ou au burlesque, incollable sur Jacqueline Maillan, Gérard Jugnot se considère comme un enfant à la fois du cinéma français et américain.

Avec ses camarades Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Michel Blanc ou Josiane Balasko, dans la troupe du Splendid formée au café-théâtre du même nom dans les années 1970, Jugnot s’amuse comme jamais. Les images d'archives, montrées dans le documentaire, l'attestent…

« La génération de Jean Rochefort voulait faire du théâtre. Nous, on voulait faire du cinéma », explique l’acteur, qui explose avec les autres dans Les Bronzés, en 1978. « On a renouvelé la comédie de boulevard dans le sens noble du terme. Notre force, c’est qu’on était six auteurs avec des qualités différentes. Chacun apportait son grain de sel pour exister. On tirait tous la couverture, et le drap était bien tendu… »

En témoigne Le Père Noël est une ordure, Papy fait de la résistance, et tous les films où les membres du Splendid apparaissent ensemble…

Après, tous se lancent avec succès dans une carrière solo. Jugnot, qui a toujours rêvé d’être à la mise en scène, dans la comédie noire, avec des « héros qui n’ont pas froid aux oreilles », et reflètent bien « l’état d’esprit de demi-losers qu’on était à l’époque, surtout avec les jeunes femmes ».

Comme dans Pinot simple flic (1984), son premier film. Ou Scout toujours l’année suivante. « Je cherchais un peu mes marques », avoue le réalisateur, qui s’est depuis trouvé, à travers ses réalisations éclectiques, de films en costumes (Sans peur et sans reproche, Rose et Noir) aux comédies dramatiques (Meilleur espoir féminin, Monsieur Batignole)…

Et n’a jamais cessé de jouer. En 2004, il connaît le succès des Choristes, son plus gros au box-office, qui lui vaut sa deuxième nomination au César du meilleur acteur. « Heureusement que ça m’est arrivé à 50 piges, ça ne m’a pas fait exploser trop la tête », sourit le comédien.

Un héritier du cinéma populaire de qualité, qui cherche toujours le plaisir, dans tous les projets. Et dont l’envie de cinéma est intacte : son douzième long-métrage, Le Petit Piaf, sur un petit chanteur, sera prochainement sur les écrans.

Gérard Jugnot, une vie de comédie de Jérôme Wybon, Documentaire, 52 minutes, en ce moment sur CINÉ+ et sur myCANAL.