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Le Roi bâtard, entre documentaire animalier et thriller environnemental

Non, Le Roi bâtard n’est pas un documentaire animalier comme les autres. Normal : ce n’est pas vraiment un documentaire animalier. Ce film hybride d’Owen Prümm, produit par les producteurs de La Marche de l’empereur, est plutôt un étonnant conte qui flirte avec le thriller environnemental, révolutionnant les codes esthétiques et narratifs du documentaire animalier traditionnel.

Narré par JoeyStarr, celui-ci dépeint l’épopée mouvementée d’un jeune lion, fruit de l’union interdite d’un père et d’une mère issus de deux clans ennemis depuis la nuit des temps, la troupe aux yeux azur et la troupe aux yeux jaunes.

Résultat : ce lionceau est né avec un œil de chaque couleur… et a du mal à trouver sa place parmi ses congénères félins. Chassé avec sa mère par le « roi balafré », il s’enfuit à travers une savane ravagée par la sécheresse.

Un exode lointain et solitaire qui montre la naissance d’une légende, mais aussi l’arrivée d’une menace qui plane sur la savane, comme une ombre.

Allégorie environnementale, cette fiction épique, pleine de scènes d’action homériques (on pense notamment chasses), tire la sonnette d’alarme quant aux méfaits de l’impact humain sur la nature : réchauffement climatique, mais aussi braconnage, dégradation voire disparition des habitats naturels des animaux…

Une nature peuplée de zèbres, girafes, gnous et autres proies et prédateurs, de moins en moins luxuriante, mais sublimée par des prises de vue spectaculaires.

Le film, tourné dans des régions reculées d’Afrique et porté par la musique de Laurent Garnier et Saycet, a nécessité dix ans de tournage.

Son réalisateur Owen Prümm, qui produit des films animaliers encourageant la préservation des animaux sauvages et de leurs habitats naturels depuis vingt-cinq ans, a souhaité, à travers ce projet novateur, toucher un large public, pour mieux éveiller les consciences.

Installé dans un camp au sud de la Tanzanie, celui-ci a pu « capturer des comportements dramatiques qui ont stupéfié les zoologistes et les comportementalistes des animaux ».

« J’ai réalisé que ces scènes étaient d'une nature tellement dramatique qu'elles se prêtaient à un film bien au-delà du public standard des films animaliers », a expliqué le réalisateur. Qui ne cesse de rappeler, à travers ses œuvres, qu’il y a urgence : il ne reste que 20 000 lions à l’état sauvage.

Le Roi bâtard, Création Documentaire, 87 minutes, seulement sur CANAL+.