"Opération Thalatine", le doc qui reconstitue la libération des otages du voilier Ponant
Survenue en 2008, cette attaque de pirates somaliens contre un navire de croisière français comptant trente passagers a marqué les mémoires par son caractère spectaculaire et inhabituel. Quinze ans après les faits, une nouvelle Création Documentaire CANAL+ retrace les sept jours angoissants de la prise d’otages du Ponant en compagnie des protagonistes de l’époque.
Une scène sidérante
Comme le dit une membre d’équipage du Ponant au début du documentaire, on a plutôt tendance à associer la piraterie à la fiction ou à une époque lointaine. Et pourtant, la fin des années 2000 a été marquée par une recrudescence de ce phénomène dans la zone de la Corne de l’Afrique. Le 4 avril 2008, c’est là que le luxueux voilier de croisière se trouve. Après une croisière aux Seychelles, l’équipage pense pouvoir décompresser un peu sur la route de la Méditerranée.
C’est raté : le Ponant est attaqué par des pirates somaliens armés de fusils d'assaut et d’un bazooka. Cette scène sidérante est racontée dans le film par plusieurs de ceux qui deviendront otages pendant une semaine, au premier rang desquels se trouve le capitaine Marchesseau, personnage évidemment central de cette histoire. Il y a avec lui 30 membres d’équipage, dont sept femmes, qui ont le temps de se cacher dans un local exigu du bateau avant l’assaut.
Deux d’entre elles détaillent cet autre moment digne d’une série à suspense, où elles ont dû rester silencieuses pendant des heures et des heures pour ne pas se faire remarquer, pendant que le reste de l’équipage tente d’engager le dialogue avec les pirates, avec qui la communication est forcément difficile en raison de la nervosité de chacun.

Un sauvetage très complexe
Pendant ce temps, la présidence de la République est informée, et une réponse officielle commence à se préparer. Des membres des forces spéciales (GIGN) et de la Marine Nationale témoignent dans le film de la complexité du sauvetage à imaginer et mettre en œuvre. Il faut sauver la vie de trente otages retenus sur un bateau en mouvement par plus de dix pirates lourdement armés, et qui réclament bientôt une rançon de 3 millions de dollars.
Le capitaine Marchesseau raconte des négociations interminables sur le montant, et surtout une tension qui monte d’un cran à plusieurs reprises pendant la semaine que dure la crise. La proximité de la frégate française Jean Bart n’est pas de nature à rassurer les pirates, et leur crainte n’est pas infondée.
Pendant toute la durée des négociations, la France se prépare à l’éventualité d’un assaut d’urgence, en lien avec le Président et le Premier ministre de l’époque, soit respectivement Nicolas Sarkozy et François Fillon, qui suivent bien sûr la situation de près. Entre les zodiacs, les hélicoptères et les plongeurs, le dispositif imaginé est impressionnant et porte comme le veut la tradition militaire un nom. Ce sera Thalatine, dont la signification est expliquée dans le documentaire.

Le héros Marchesseau
On comprend à travers les témoignages du film et sa reconstitution précise des faits que si la libération des otages a pu se faire avec succès, c’est surtout grâce au sang-froid exceptionnel du capitaine Marchesseau, soumis à une pression extrême pendant sept jours et sept nuits d’une intensité folle.
Son calme et sa lucidité ont permis à plusieurs reprises d’éviter un dérapage fatal, et comme le veut aussi la tradition, il a quitté le navire en dernier – d’une manière surprenante qu’il raconte aujourd’hui avec une bonne dose d’humour, comme leur vaine tentative de repousser l’assaut des pirates avec des lances d’incendie.
Tous les héros ne portent pas de cape ou de fusil d’assaut : certains portent juste une casquette de marin.
Opération Thalatine, une Création Documentaire CANAL+ Docs, disponible avec CANAL+.
