« Planète Pâtissiers », la série documentaire qui donne l’eau à la bouche
Déjà remarqué avec les documentaires de la série « Planète Chefs » sur CANAL+, le réalisateur Stéphane Carrel brosse maintenant le portrait de quatre nouvelles étoiles montantes de la pâtisserie, filmées de très près en plein travail. Appétissant !
La crème de la crème
Ils sont dans la trentaine voire la vingtaine, et ce sont les nouveaux visages qui comptent dans la pâtisserie française haut de gamme. C’est le cas de Nina Métayer, élue Pâtissier de l’année en 2017 par le Gault et Millau à même pas 30 ans, et qui ambitionne de devenir la première femme sacrée en pâtisserie au très sélectif Concours des Meilleurs Ouvriers de France.
Cette année, c’est Maxime Frédéric, 33 ans et Chef à l’Hôtel Cheval Blanc à Paris qui a obtenu la récompense convoitée du célèbre guide gastronomique. Ce n’est donc pas un hasard si on les retrouve chacun dans un épisode de cette nouvelle série documentaire en quatre épisodes de 52 minutes. Devant la caméra de Stéphane Carrel, ils reviennent sur leur parcours, des débuts à la consécration, et évoquent leur vision personnelle de la pâtisserie.

Des pâtissières engagées
Ils sont accompagnés dans « Planète Pâtissiers » par Nicolas Multon et Marion Goettle, qui partagent la même passion dévorante, souvent devenue une vocation professionnelle pendant l’enfance ou l’adolescence. Le premier est un grand amateur d’art et un fan de Kandinsky, dont il s’inspire pour créer des desserts uniques – parfois sculptés à la main comme des œuvres – qui font le lien entre la pâtisserie et la peinture à la Villa René Lalique en Alsace.
La deuxième a ouvert à 22 ans seulement le Café Mirabelle à Paris, où elle partage son amour du métier, transmis de génération en génération dans sa famille alsacienne. Résolument moderne – elle refuse d’employer le mot « chef » –, elle a aussi participé à la création de Bondir.e, une association qui lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans la restauration, un fléau encore tabou jusqu’à récemment.
Un engagement né après avoir vécu comme beaucoup d’autres femmes de très mauvaises expériences à ses débuts en cuisine. Nina Métayer évoque aussi le sujet pudiquement, en expliquant par exemple à quel point il était difficile pour elle d’être prise au sérieux par les boulangeries qui lui proposaient d’être vendeuse alors qu’elle candidatait pour être boulangère.

Des images qui font saliver
Comme Marion, Nina a d’ailleurs vite pris son indépendance pour ouvrir son propre atelier en Normandie, qu’elle a souhaité en cohérence avec ses valeurs : au plus proche de matières premières de grande qualité, et en respectant la saisonnalité des aliments par exemple.
Des préoccupations partagées par Nicolas Multon, adepte des circuits très courts, et Maxime Frédéric, très attaché à ses racines normandes et à leurs produits laitiers : en partenariat avec une ferme choisie par ses soins, il fait venir un lait et des œufs particuliers pour concocter les desserts de sa spécialité, la cuisine boulangère. Comme les autres, il partage d’ailleurs une passion jamais démentie pour le pain, véritable porte d’entrée pour le monde merveilleux de la pâtisserie.
Et grâce au travail remarquable du réalisateur et de son équipe, on salive littéralement devant ces images très soignées – le son nous transporte aussi – filmées à quelques centimètres de ces pâtisseries d’exception en pleine préparation. En résumé, si l’on en croit cette série documentaire, l’avenir du métier est assuré.
Planète Pâtissiers, un documentaire disponible sur CANAL+ Docs.
