"Twist à Bamako" – un film sur la révolution qui danse

Une idée du réalisateur Robert Guédiguian
Tout commence à l’automne 2017 à Paris par l’exposition photographique « Mali Twist » de Malik Sidibé, l’un des acteurs majeurs de la photographie africaine contemporaine.
Le réalisateurs Robert Guédiguian, connu pour ses films engagés, est intrigué par ces images de jeunes danseurs maliens prises au début des années 60. Il est frappé par leur ‘réjouissante explosion de vitalité’. Il se documente sur l’époque et découvre une jeunesse animée par une exaltation révolutionnaire.
Le sujet résonne dans son vécu personnel de militant socialiste et, de concert avec son producteur associé, décide d’en faire un film.

Fête ou révolution ?
A cette époque, la musique occidentale était rejetée par les dirigeants du Mali. Ils considéraient que les clubs où on dansait le twist et le rock’n’ roll sécrétaient une idéologie contrerévolutionnaire. Le film essaie de démonter cette contradiction en mettant en avant le côté ‘solaire’ de cette période très politisée. On pouvait être révolutionnaire tout en aimant faire la fête.
Pour créér les deux personnages principaux du film, Samba (Stéphane Bak) et Lara (Alice Da Luz), le réalisateur s’inspire d’une des photos les plus connues de Sidibé où l’on voit deux jeunes gens qui dansent, lui en costume blanc et elle, pieds nus avec sa petite robe. Il a imaginé qu’ils étaient très amoureux (en réalité ils étaient frère et sœur), que le garçon, dans la journée, une fois enlevé son costard blanc, mettait son treillis et allait dans les villages au fond du Mali pour convaincre les paysans d’accompagner la construction du socialisme et que la fille avait été mariée de force dans l’un de ces villages.
Le réalisateur situe les deux personnages à une époque de révolution et d’utopie où tout semble possible mais leur amour se heurtera à la tradition et aux costumes ancestrales.

Les choix de tournage
Vu l’impossibilité de tourner au Mali, c’est le Sénégal qui a accueilli le tournage.
Ce n’est donc pas Bamako que l’on voit à l’écran mais Thiès, à côté de l’aéroport de Dakar. Ses avenues bordées de grands arbres ont évoqué les quelques images que le réalisateur avait vues de cette époque. Pour les monuments officiels, c’était plus simple : l’architecture coloniale est la même au Mali et au Sénégal. Ce qui est au bord du fleuve a été tourné soit à Saint-Louis, soit à Podor, tout au nord du Sénégal face à la Mauritanie.
Le film a été tourné en français, avec quelques répliques en bambara. Robert Guédiguian voulait obtenir un mélange linguistique proche de l’usage de l’époque.
Pour avoir un public le plus large possible, le film a été doublé en bambara et en wolof.

Twist à Bamako, disponible su Mycanal à partir du 27 novembre
