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France-Croatie : l'analyse

Posté par Pierre Ménès le 9 septembre 2020

Avertissement à ceux qui ont envie de me dire « Ferme ta gueule Pierrot, les Bleus gagnent, il n’y a que ça qui compte » : faites-moi la grâce de ne pas lire ce post jusqu’au bout et passez directement à autre chose. Alors je ne vais pas être de mauvaise foi, cette fois je ne peux pas dire que je me sois ennuyé. Mais très franchement, je le dois en grande partie aux Croates, une belle équipe de foot même si elle est faible défensivement et parfois d’une naïveté confondante. L’équipe de France s’est fait balader pendant une grande partie du match. Les joueurs de Dalic ont marqué deux fois et ont tiré sur le poteau quand les Bleus marquaient deux de leurs quatre buts sur un CSC et un pénalty-cadeau.

La première mi-temps de l’équipe de France a été d’une faiblesse effarante. Avec un manque d’ambition offensive - ça, on en a l’habitude - mais aussi défensive. Pas de pressing, pas d’envie, pas d’impact dans les duels. Grégoire et Bixente ont souvent insisté sur le fait que les joueurs français ne se parlaient pas. Cela se voyait à l’oeil nu. On avait l’impression qu’ils s’emmerdaient sur le terrain. En même temps, quand tu évolues avec sept joueurs défensifs à domicile face à une équipe qui en avait pris quatre au Portugal la semaine dernière, il n’y a pas de quoi être emballé non plus. 

Et quand en plus, tu alignes dans l’entrejeu une doublette qui n’est absolument pas portée vers l’avant et n’est pas complémentaire pour deux ronds, il ne faut pas s’étonner. L’entrée de Camavinga, au-delà d’être un immense plaisir, a démontré qu’un milieu plus créatif et qui n’hésite pas à se projeter vers l’avant change complètement la donne. En deux matchs, le très jeune Rennais a été le seul milieu français à tirer au but. Quant au 3-5-2 essayé sur ces deux matchs, je reste très dubitatif sur son utilisation. Parce qu’on n’a pas les joueurs de côté capables de tenir ce rôle de piston. 

Toujours pas convaincant dans le jeu

Tant qu’à faire, autant rester à quatre derrière et ajouter un milieu supplémentaire voire, on peut toujours rêver, un joueur offensif de plus. La solution pourrait être d’aligner un milieu Kante-Pogba-Camavinga. Là, tu peux choisir de n’avoir que trois offensifs parce que tu vas avoir deux mecs qui se projettent vers l’avant, font remonter le bloc-équipe et viennent au soutien des attaquants. Je ne suis pas benêt, ça ne sert à rien d’empiler les attaquants, sinon ça se saurait et toutes les équipes en aligneraient six. Mais quand tu joues avec un milieu de terrain pas du tout créatif, les attaquants sont livrés à eux-mêmes et tu te tapes une première période épouvantable, même si les deux mi-temps ont fini par un 2-1 pour les Bleus. 

Ceux qui se contentent de lire un résultat se diront : « 4-2, victoire facile, même résultat qu’en finale de Coupe du Monde, c’est formidable, Deschamps est un magicien ». Encore une fois, contrairement à vendredi en Suède, on ne s’est pas emmerdés devant ce match. Mais je ne vois pas où le sélectionneur veut en venir avec ce 3-5-2 qui pour moi, est plutôt un 5-2-1-2 très défensif. On va me répondre que je dis n’importe quoi puisque les Champions du Monde ont mis quatre buts. Mais je suis désolé, dans le jeu ce n’est pas convaincant. Pas suffisant. 

Au final, les Bleus terminent cette session de Ligue des Nations avec deux victoires et six points. Comme le Portugal, notre prochain adversaire contre lequel il va falloir montrer autre chose dans un mois pour espérer faire un résultat.  

Pierrot