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France-Portugal : l'analyse

Posté par Pierre Ménès le 12 octobre 2020

Comme je dis souvent, quand on n’attend rien d’un match, on n’est jamais déçu. Entre deux équipes qui jouaient bloc bas, il ne fallait pas espérer de miracle. Maintenant, une fois qu’on a dit ça, il faut quand même souligner que la première mi-temps des Bleus hier soir, était insupportable. Pour une équipe qui jouait à domicile - même si je sais bien qu’en ce moment, jouer à domicile est tout sauf un avantage - la compo annonçait déjà la couleur, avec sept joueurs à vocation défensive. Face à une équipe dont on connaissait la valeur défensive, le 0-0 était presque écrit. 

À la mi-temps, j’ai entendu Deschamps parler de mouvement offensif, de mobilité. Mais il faut m’expliquer comment les attaquants peuvent faire des appels quand le ballon leur arrive aussi tardivement dans le jeu, alors que l’équipe adverse est déjà replacée. Face à des Portugais qui défendaient à neuf et laissaient Ronaldo seul devant, c’était mission impossible. Si on veut que Mbappé fasse parler sa vitesse, il lui faut un minimum d’espace, ce qui implique qu’il faut le chercher plus tôt. Je ne veux pas me focaliser sur le cas Mbappé, mais je me demande si, dans ce match, il a eu ne serait-ce que trois ballons dans le sens du jeu. Tu as un diamant et tu l’utilises comme une bague trouvée à la tirette d’une fête foraine. C’est chiant. 

Le mot « chiant » est d’ailleurs applicable à la quasi-totalité des matchs des Bleus version Deschamps. Alors d’habitude, on me dit : « Ta gueule Pierrot, on a gagné. » Sauf que là, on n’a pas gagné. Et c’était tellement prévisible. Il y a évidemment un problème majeur qui saute aux yeux dans cette équipe, c’est le rendement de Griezmann. Cette équipe était pourtant articulée en 4-4-2 losange avec lui en pointe haute, pour le mettre dans les meilleures conditions. Mais il n’a rien fait de la balle. Soit il jouait vers l’arrière, soit il gardait le ballon. Et quand il tentait enfin une passe vers l’avant, c’était mal dosé… C’est d’autant plus problématique que le Barcelonais ne risque rien. Deschamps n’y touchera jamais et de toute façon, il n’y a personne pour occuper son poste. 

Et puis il y a un truc qui me rend fou. Tu es à 0-0 chez toi à un quart d’heure de la fin et les deux changements offensifs que tu fais, c’est du poste pour poste. Tu n’envisages même pas de finir le match avec quatre joueurs à vocation offensive, histoire d’aller chercher la victoire. Je suis désolé, je trouve ça insupportable. On n’a pas perdu, super… Quelle ambition pour un champion du monde ! Il n’y a pas un match où on se dit : « tiens, c’est un peu emballant, il se passe quelque chose… » Et après, on me demande pourquoi les matchs des Bleus me mettent en colère…

On ne progresse pas d’un iota depuis le titre de mondial et ça pose un vrai souci pour l’avenir. Outre le problème Griezmann, on n’a pas de latéraux qui, dans ce système défensif, pourraient trouver le décalage et apporter le danger en participant au jeu sur les côtés. Et ce n’est même pas la peine de s’étendre sur le sujet puisque ces profils-là, on ne les a pas et que je préférerais toujours Pavard à Dubois. Je n’ai pas envie d’être alarmant, mais alarmiste. Je crois qu’on ne se rend pas bien compte de la routine dans laquelle sont tombés les Bleus. Et nous avec. Les problèmes persistent et on ne les résout pas. Le plus lassant, c’est cette constance dans la médiocrité. 

Pierrot