L'OM croque les verts

Posté par Pierre Ménès le 5 Février 2020

Quand on voit le niveau de Lille-Rennes mardi soir, entre deux équipes supposées être du haut de tableau, je pense qu’il va quand même falloir s’interroger un jour sur le fait de faire jouer tant de matchs à une période de l’année si compliquée, même si cette saison, la météo s’est montrée plutôt clémente - pour le moment. On constate que beaucoup d’équipes sont épuisées après trois ou quatre matchs joués en l’espace de huit, dix jours. C’est clairement trop, a fortiori pour des effectifs peu fournis. Il ne faut donc pas s’étonner d’avoir vu des matchs assez médiocres en ce mercredi soir. 

Mené à domicile par Nice sur une jolie tête plongeante de Lees-Melou, Reims est parvenu à égaliser par son inoxydable héros Abdelhamid, auteur d’une tête smashée sur corner. Même scénario à Brest où Bordeaux avait pourtant le match en main. Les Girondins menaient au score et étaient en supériorité numérique, tout pour marquer trois points. Eh bien non. Une faute d’attention et un CSC de Benito en fin de match leur a coûté la victoire. Metz a confirmé sa bonne période en trouvant les ressources pour égaliser à Montpellier après que Diallo a raté un péno en début de match. Les Lorrains sont sur une bonne série et capitalisent, grappillant des points qui s’avéreront peut-être cruciaux en fin de saison.

Nîmes poursuit sa rébellion, avec une victoire aux Costières face à une équipe de Dijon décevante et qui a semblé se reposer sur ses récents bons résultats. Pour Toulouse, c’est quasiment foutu. Le barragiste est désormais à 8 points et le premier non-relégable à 11. Les joueurs de Zanko avaient pourtant une chance d’obtenir un résultat face à Strasbourg, qui n’est pas toujours très brillant à l’extérieur, mais un joli but de Waris entré deux minutes plus tôt a suffi au bonheur des Alsaciens, qui se retrouvent 9e au classement, avec le même nombre de points que… Lyon.

Et c’est justement du Groupama Stadium qu’est venue la déception du soir. Alors c’est sûr, Gurtner a fait un grand match. Mais il faut reconnaître qu’Amiens a aussi eu des opportunités et que Lopes a dû s’employer. Dans la situation et le besoin urgent de points de l’OL, c’est presque intolérable d’en perdre deux à domicile face à des Amiénois si mal en point depuis des semaines. On retrouve cette irrégularité chronique dans les performances des Lyonnais, qui dure depuis trop longtemps, quel que soit l’entraîneur en place sur le banc. A force de perdre des points, la course à la Ligue des Champions va devenir de plus en plus compliquée pour les Rhodaniens.

Payet, des pieds et un buffet 

Enfin en soirée, Saint-Etienne accueillait l’OM et le match a commencé avec un quart d’heure de retard suite aux incidents ayant eu lieu à l’extérieur du stade entre les supporters des deux camps. Les forces de l’ordre ont fait usage de lacrymos, ce qui a retardé le coup d’envoi. Alors on va encore avoir droit à un concert de jérémiades de part et d’autre sur l’air du « supporter français opprimé ». Moi j’ai quand même du mal à croire que les flics balancent des gaz lacrymos sans raison, juste pour le plaisir. De toute façon, il va y avoir une enquête et on saura dans quelques jours ce qui s’est exactement passé. Toujours est-il que les 400 supporters phocéens n’ont pas pu entrer dans le stade. C’est dommage, mais il va falloir voir si c’est une injustice ou la conséquence logique d’incidents.

Pour ce qui est du match, il fallait vraiment être un anti-Marseillais notoire ou un pur supporter des Verts pour penser que Sainté avait la moindre chance d’inquiéter cette équipe olympienne bien organisée et sur la lancée de sa série d’invincibilité. L’OM a ouvert le score grâce à un but étonnant de Payet sur lequel on peut penser que la responsabilité de Ruffier est engagée. Mais on s’aperçoit sur le ralenti que le crochet qui embarque M’Vila embarque aussi le gardien stéphanois qui anticipe le centre. Il n’empêche que la frappe du gauche avec effet sortant est magnifique. 

Le milieu offensif marseillais est quand même bluffant. A chaque fois qu’il sort des déclas fracassantes en conférence de presse et se met donc une grosse pression, il répond présent derrière, sur le terrain. On se souvient de ce qu’il avait dit sur Rudi Garcia avant de signer un doublé lors de l’Olympico au Vélodrome. Cette fois, il a plus ou moins menacé de partir si Marseille n’avait pas une équipe compétitive pour jouer la Ligue des Champions la saison prochaine et il a sorti un grand match dans la foulée. C’est un mec qui en a dans le buffet en plus d’avoir du talent dans les pieds.

Une fois menés au score, on se doutait bien que les verts ne reviendraient pas. Le pire, c’est qu’on ne peut même pas leur reprocher de ne pas se battre. Mais c’est trop faible. Devant, derrière, au milieu, c’est faible partout. Personne n’a donc été étonné que Marseille double la mise en fin de match sur un joli but de Radonjic. Au final, avec la défaite de Rennes et le énième faux pas de Lyon, l’OM reprend ses aises et cela commence quand même à être très sérieux, d’autant plus que les joueurs de Villas-Boas accueillent les terreurs toulousaines ce week-end. 

Pierrot