Marseille retrouve le sourire

Posté par Pierre Ménès le 20 Octobre 2019

Trois matchs au programme ce dimanche, deux très médiocres et un plutôt sympa. On a commencé par un Bordeaux-Sainté très moyen, avec deux équipes qui se ressemblaient trop pour que cela donne un bon match. Les Girondins ont dominé la rencontre mais se sont heurtés à un très bon Ruffier. C’est un peu rageant pour Bordeaux de perdre dans les arrêts de jeu avec ce pénalty un peu idiot concédé par Pablo, qui a retenu Nordin par le bras alors que le Stéphanois était dans une zone très excentrée. Alors on va me dire que Nordin en rajoute. Oui, c’est vrai mais cela ne change rien au fait qu’il y a faute. Le péno a été transformé par Bouanga.

Dans ce match, la blessure de Koscielny - qui fort heureusement paraît moins grave que ce que l’on pouvait craindre -, a été un premier tournant. L’autre tournant, qui aurait pu être décisif pour Bordeaux, c’est l’entrée de Hwang, auteur d’un but justement refusé pour un hors-jeu de Briand. Brillants, les Verts ne l’ont pas été dans le jeu mais ils se sont en revanche montrés beaucoup plus compacts, déterminés et agressifs depuis que Puel est arrivé. Cela s’est traduit par six points arrachés dans les arrêts de jeu en deux matchs. Tout sauf une coïncidence. 

L’autre match de l’après-midi a été plus sympa, sans être forcément de meilleure qualité. Mais un match truffé d’erreurs défensives qui amènent beaucoup de buts sera toujours plus agréable à regarder qu’un match qui se joue sur un penalty. Monaco a ouvert le score sur un remarquable centre de Slimani et une non moins remarquable demi-volée sans angle et sous la barre de Ben Yedder. Maouassa a égalisé à la sortie d’un raid solitaire sur lequel Aguilar et Glik sont plus que coupables mais la domination monégasque a ensuite été totale jusqu’au repos. 

A la reprise, sur une énorme erreur de Dias, Hunou a redonné l’avantage à des Rennais qui ont ensuite enchaîné les cadeaux. Avec pour commencer cette mauvaise relance de Morel en position de stoppeur droit pour Da Silva en position de milieu défensif - donc une charnière pas en place -, que Fabregas a exploitée en glissant à Slimani qui a dribblé Salin avant de marquer. Puis sur une sortie hallucinante de Salin qui a entraîné un but de Baldé refusé pour une main de l’attaquant monégasque, avant que ce même Baldé ne dévie un ballon de la tête pour Ben Yedder dont la très difficile demi-volée du gauche a fait mouche.

La lucidité de Villas-Boas

Monaco prend toujours trop de buts mais joue quand même mieux au foot qu’il y a quelques semaines et possède surtout un duo d’attaque sensationnel et ultra-complémentaire qui lui permet de se replacer au classement. Les Rennais eux, poursuivent leur lente descente et même si les joueurs de Stéphan ont marqué deux buts à Louis II, leur faiblesse offensive récurrente constituera un frein à leurs ambitions pendant toute la saison. Un exploit individuel et un cadeau offert par l’adversaire ne masqueront pas toujours une carence aussi criante. 

En soirée, l’OM a battu Strasbourg à l’issue d’un très pauvre match. Alors visiblement, si j’en juge aux réactions sur Twitter, cela n’a pas plu que je dise cela. Eh bien je vais vous décevoir, mais je persiste et signe. Marseille a marqué très rapidement un but assez chanceux par Kamara, dont le tir détourné par Ajorque a trompé Sels. Un but qui aurait dû mettre les Olympiens sur les bons rails mais paradoxalement, ce but précoce a déstabilisé l’équipe, qui semblait ne plus savoir quoi faire. Caleta-Car a trouvé le poteau sur une étonnante frappe du gauche effleurée par Sels et c’est à peu près tout avant le repos. En toute fin de match, sur un ballon stupidement perdu par Da Costa, Simakan a été contraint de faire faute sur Benedetto, provoquant un penalty transformé par Strootman. 

Ce succès permet à l’OM de remonter à la 4e place du classement, après n’avoir gagné aucun de ses quatre derniers matchs, ce qui en dit long sur la qualité de notre Ligue 1. Et Strasbourg se retrouve dernier, avec encore une fois des décisions incompréhensibles de Laurey, qui aligne Kaci latéral droit pour son premier match de la saison alors qu’on sait que c’est son plus mauvais poste, place Fofana milieu gauche alors que c’est un milieu axial, et laisse encore et toujours Ajorque seul en pointe. Mais qui affirme après le match au micro d’Olivier Tallaron, sans trembler de la lèvre, que ce n’est pas le nombre d’attaquants qui fait la différence. Ben voyons…

Et en parlant d’interview d’après-match, j’ai beaucoup aimé celle de Villas-Boas, qui a fait preuve de lucidité dans ses propos, en particulier sur le Classico de dimanche prochain. Bien sûr, Marseille n’ira pas au Parc pour perdre, mais le technicien portugais est suffisamment intelligent pour savoir que ce sont les deux matchs suivants au Vélodrome, contre Lille puis face à Lyon, qui sont les plus importants.

Pierrot