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Miracle à la lyonnaise

Posté par Pierre Ménès le 10 Décembre 2019

On va avoir plusieurs jours pour analyser, disséquer et décortiquer ce match ahurissant qu’on a vécu hier soir au Groupama Stadium. Mais avant cela, il faut se montrer pragmatique - un mot tellement à la mode dans le foot français - et constater que Lyon s’en est sorti, que Lyon a eu le caractère pour revenir de 0-2 à 2-2 et que Lyon s’est qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. C’est un fait. Un implacable constat arithmétique. Maintenant, il est évident que sur la manière, il y a énormément à dire, surtout concernant la première période catastrophique des Lyonnais.

Un premier acte hallucinant de faiblesse de la part des hommes de Garcia, qui ont joué avec le frein à main et pris une leçon de football vertical de la part de Leipzig, organisée autour du remarquable Forsberg qui leur a fait la misère. Et comme si cela ne suffisait pas d’être dominés de la tête et des épaules au niveau du jeu, les Lyonnais ont creusé leur tombe tout seuls. Avec d’abord l’énième sortie inconséquente dans la carrière de Lopes, qui a encore une fois jailli comme une bombe et sans aucun calcul dans les pieds d’un attaquant. La VAR a eu tout à fait raison d’accorder penalty.

Puis un deuxième penalty pour une faute ridicule du très faible Tousart. A la mi-temps, l’OL était dernier de son groupe, éliminé de toutes compétitions européennes et pas du tout entré dans son match. Il a fallu qu’Aouar sorte sa petite boîte de magicien pour redonner espoir aux Lyonnais avec un joli tir enroulé. Après cela, très honnêtement j’ai quand même eu l’impression que les Allemands n’en voulaient pas beaucoup plus. Même avec un nul, ils étaient premiers du groupe et cela leur allait très bien. Depay en a profité pour égaliser d’un tir croisé de près.

Alors on est tous d’accord, le Néerlandais a raté son match. Mais il a été décisif. Ce qui rappelle un débat qu’on a pu avoir sur un match de Ligue 1 pas plus tard que ce week-end. Il faut savoir ce qu’on veut : un mec qui survole le match mais ne te fait pas gagner pas à la fin, où un mec qui peut tout rater pendant 80 minutes mais qui a le caractère et le talent pour faire basculer le match et te qualifier dans le money time ? Perso, j’ai choisi. Reste que la fin de match a été très difficile pour les Lyonnais, avec notamment une énorme occasion pour Leipzig sur laquelle Denayer et surtout Marçal ont sauvé leur camp.

Garcia, tout à faire…

Cette qualification est une bonne nouvelle vu le marasme dans lequel ont plongé les clubs français (à l’exception du PSG) en Coupe d’Europe cette saison. C’est quand même bien d’avoir deux clubs qualifiés. Il n’empêche que c’est un match non abouti de plus de la part des Rhodaniens, qui soulève une nouvelle fois des questions. Comment Tete a-t-il pu passer 90 minutes sur le terrain ? Comment Tousart peut-il être titulaire ? Pourquoi Reine-Adélaïde est-il aussi régulièrement sur banc ? Et la plus importante de toutes : comment expliquer ce manque total de fond de jeu ? 

Beaucoup de choses ne vont pas dans cette équipe. Garcia a passé le cut avec cette qualification, sans être très brillant avec au final deux défaites et un nul en quatre matchs. On n’oubliera pas que Sylvinho avait fait une partie du boulot en prenant quatre points lors des deux premiers matchs. Tout est à faire pour le technicien lyonnais avec cette équipe et il va falloir qu’elle progresse en vue de la deuxième partie de saison Faute de quoi, le huitième de finale aura tous les atours d’une boucherie et ce ne sera pas forcément plus reluisant en championnat. 

Un dernier mot pour finir concernant les incidents post-match. Cette qualification miraculeuse aurait dû provoquer une sorte de trêve ou, disons, un petit courant d’euphorie générale dans les travées du Groupama Stadium. Mais non, il a fallu qu’un supporter vienne avec un drapeau insultant à l’égard de Marcelo, ce qui a provoqué la grosse colère de Depay. Encore une fois, voilà des « supporters » qui se croient tout permis, qui insultent les joueurs et qui, au final, gâchent la petite fête que méritait cette qualification.  

Pierrot