Paris chanceux et réaliste

Posté par Pierre Ménès le 26 Novembre 2019

Imaginons un instant que le nul d’hier soir n’ait pas été l’oeuvre du PSG mais celle de l’équipe de France. On aurait dit quoi ? « Seul le résultat compte », ou bien « si ça ne vous plaît pas, n’en dégoûtez pas les autres »… Ne vous inquiétez pas, cela n’arrivera pas avec le PSG. Tout le monde va dire que les Parisiens ont fait un match de merde - ce qui est vrai - et qu’ils ont eu une chance insolente - ce qui est vrai aussi. 

Il n’en demeure pas moins que le Paris Saint-Germain a fait match nul sur la pelouse du Real Madrid, à qui il a pris quatre points en deux matchs et qu’il est assuré de terminer premier du groupe avant même la dernière rencontre. Quand on se souvient de tout ce qu’a vécu Paris à l’extérieur ces dernières saisons en Ligue des Champions, cela montre que les choses sont peut-être en train de changer. Un changement qui porte deux noms : la réussite et un gardien de but, un vrai. Parce que clairement, sans Navas, Paris en prenait au moins quatre ou cinq hier soir. 

La première période a été une grande déception. Pas d’envie, pas d’intensité… On avait l’impression que le PSG jouait un match amical contre une équipe qui, elle, se livrait à fond. Le milieu de terrain qui avait si bien fonctionné depuis le début de la saison en Ligue des Champions a été incroyablement médiocre, le trio Marquinhos-Gueye-Verratti étant en dessous de tout.  A la mi-temps, les Champions de France pouvaient s’estimer heureux de n’être menés que 1-0 après le but de Benzema, qui avait bien suivi une frappe d’Isco renvoyée par le poteau. 

Enfler Paris… et avantager le Real

Enfin, « s’estimer heureux », si on oublie la faute de Courtois sur Icardi qui a abouti à une parodie d’arbitrage ! Parce qu’il est évident, une nouvelle fois, que l’utilisation de la VAR est une farce. En fait, l’arbitre est revenu sur sa propre décision puisqu’au moment de l’action, quand Gueye fait sa poussette sur Marcelo, il fait signe de jouer en montrant que c’est une faute bénigne. Et puis, il est appelé par les mickeys dans le bus - qui ont visiblement plus d’autorité qu’en Ligue 1 - et annule le penalty et le carton rouge de Courtois. 

Alors évidemment, si le PSG s’était retrouvé à 1-1 et en supériorité numérique à la mi-temps, cela n’aurait pas été vraiment mérité. Mais c’est la réalité de la règle. Dans ces cas-là, on n’a qu’à remonter à la faute de Schumacher sur Battiston pour lui mettre un rouge. Cela n’a pas de sens et prouve juste un truc : même avec la VAR, l’UEFA trouve le moyen d’enfler régulièrement le PSG lors des gros matchs. Et elle a même fait coup double sur cette action en avantageant aussi le Real. Bref…

Après le repos, Neymar est entré à la place de Gueye pour que le PSG joue en 4-2-3-1. Ce qui est resté longtemps inefficace, le génie brésilien étant à l’évidence loin de sa meilleure forme physique. Et comme Icardi et Di Maria livraient un match d’une qualité très inférieure à ce qu’ils proposent depuis plusieurs semaines, il n’y avait guère que Mbappé pour porter le danger dans le camp madrilène et faire des efforts, y compris défensifs. Mais il était vraiment cantonné sur le côté. Alors quand Benzema a inscrit le second but sur un centre de Marcelo, on s’est dit que c’était fini. 

Et puis Mbappé, qui était passé dans l’axe cinq minutes auparavant, a réduit le score sur un but chanceux. Oui, OK, très chanceux. Mais si c’est Icardi, on dit qu’il a un sens du but incroyable. Ce but a tout relancé car dans la foulée, Paris a égalisé sur une superbe frappe sans contrôle de Sarabia dans la lunette de Courtois et a encore eu un peu de chance dans les arrêts de jeu avec le coup-franc de Bale sur le poteau. Mais on peut dire qu’en jouant dix minutes, le PSG est revenu de 0-2 à 2-2 à Madrid. Cela ne suffira pas lors des matchs à élimination directe, mais encore une fois, le résultat est là. Et il est bon. Bien meilleur que la prestation.

Pierrot