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Paris domine en vain

Posté par Pierre Ménès le 20 décembre 2020

Comme à chaque journée de championnat, je me faisais une fête de regarder jouer Brest, à plus forte raison face à Montpellier puisque ces deux équipes sont parmi les plus spectaculaires de championnat. Je n’ai pas été déçu par ce match, qui s’est soldé par un 2-2 spectaculaire, avec de très beaux buts et beaucoup d’occasions. Les Héraultais ont globalement dominé la rencontre mais les Bretons ont montré qu’ils avaient du répondant, en parvenant à égaliser puis en prenant l’avantage sur coup de pied arrêté. Le duo Laborde-Delort a encore été magnifique, tout comme ce match dans son ensemble. On dit souvent que la Ligue 1, c’est de la daube alors il ne faut pas oublier de souligner quand on assiste à un bon match. 

En revanche, il faut reconnaître que de la daube, on en a eu sur certains autres terrains. Au stade Gaston-Gérard par exemple, avec un Dijon-Monaco où les Monégasques ont été indignes de leurs ambitions supposées. Ils ont marqué un joli but sur un une-deux Ben Yedder-Volland mais le reste du temps, ils ont été dominés par la lanterne rouge du championnat, qui aurait dû égaliser sur un but injustement refusé pour hors-jeu. Cette victoire permet aux joueurs de Kovac d’enrayer leur spirale négative mais c’est tout ce qu’il y a à retenir de la prestation azuréenne.

Bordeaux l’a très logiquement emporté 2-0 à Strasbourg face à une formation alsacienne inconsistante dans toutes les zones de jeu. C’est là où on voit les effets pervers du huis clos pour certaines équipes. La Meinau était le point fort du Racing depuis son retour en Ligue 1, cette saison les hommes de Laurey n’ont pas gagné à domicile depuis trois mois. En face, le jeu bordelais est en progrès, à l’image d’Oudin que je n’avais pas vu à ce niveau depuis longtemps. Le premier but arrive sur une tête lobée de Pablo avec une grosse erreur de Kawashima et le second signé Otavio est très joli. Bordeaux, qui était pratiquement ce qu’on faisait de plus mauvais en terme de jeu en début de saison, montre du mieux. Encore une fois, Gasset montre qu’il sait produire des miracles.

Rennes repart fort

À la Beaujoire, Nantes-Angers a été un nouveau match horrible pour les Nantais. Le SCO a ouvert le score en fin de première période sur une tête de Thomas. Les Canaris ont balbutié leur football - si tant est qu’ils en aient un - pendant toute la rencontre avant d’égaliser par Traoré dans les dernières minutes des arrêts de jeu sur un contre extrêmement chanceux. C’est un point tombé du ciel pour Nantes, qui ne doit pas masquer l’immense faiblesse générale de cette équipe. 

À Geoffroy-Guichard, Saint-Etienne est retombé dans ses travers et ses doutes en concédant un nul assez invraisemblable face à une équipe de Nîmes où il manquait onze joueurs ! Les Foréziens ont ouvert le score par Moukoudi sur corner, Ahlinvi a égalisé, Boudebouz a raté un péno, Ripart n’a pas raté le sien et les Verts ont fini par égaliser d’une belle demi-volée du gauche signée Nordin. Même si c’est un point de pris, cela reste un coup d’arrêt pour Sainté, d’autant que l’équipe est moins handicapée que les semaines passées. Or, le niveau de jeu des Verts demeure très problématique… 

Et puis, comme prévu Rennes l’a facilement emporté sur le terrain d’une équipe de Lorient qui est incapable de marquer un but dès que le niveau s’élève. Les Merlus ne se sont quasiment pas créé d’occasions de toute la partie. Cela reste l’une des équipes les plus faibles  de Ligue 1 même si je m’aperçois en écrivant cela que je pourrais dire la même chose de Dijon, de Nîmes, de Nantes ou de Strasbourg. De toute façon, les équipes qui vont lutter pour le maintien, on les connaît. Mais Lorient me semble vraiment en grande difficulté.

Paris supérieur à Lille

Les Rennais n’ont pas été plus flamboyants que cela mais évidemment, leur qualités individuelles leur ont permis de faire la différence, avec un premier but de Da Silva sur une remise de Nzonzi, un second de Bourigeaud à la conclusion d’une belle action de Doku et un troisième sur une superbe frappe enroulée de Terrier. Les Rouge et Noir ont donc gagné tous leurs matchs depuis la fin de la Ligue des Champions, je pense qu’il ne faut pas y voir qu’une coïncidence. Un match par ailleurs endeuillé par la mort accidentelle d’un jardinier, écrasé par du matériel de luminothérapie installé sur la pelouse à l’issue de la rencontre. 

Enfin, l’information brute de la soirée, c’est que Lille a repris la tête du classement à Lyon, à la différence de buts. Mais le PSG, qui pouvait se retrouver à 4 points du LOSC, reste à un point. Et je pense que la prestation parisienne, dans des circonstances une nouvelles fois épouvantables avant et pendant la rencontre, a quand même marqué les esprits. On a vu qu’en termes de maturité et de qualité technique globale, les Parisiens étaient au-dessus. Ils ont eu beaucoup plus de situations de marquer que les Lillois. Mis à part la frappe de Yilmaz non cadrée et détournée par Navas et l’action du match avec ce tacle ahurissant de Kimpembé alors qu’il s’était claqué dix mètres avant, les Nordistes n’ont pas existé sur le plan offensif. Alors que leur attaque fait vibrer depuis le début de la saison. 

Évidemment, sans Neymar et avec un Mbappé qui n’a même pas joué un quart d’heure, c’était difficile d’être efficace. Kean a essayé mais n’a pas eu de réussite et Di Maria, s’il a montré du mieux, était encore loin du grand Di Maria. À l’inverse, Marquinhos, Verratti et Rafinha sont tous trois à créditer d’un grand match. Paris déplore trois nouveaux blessés en cours de match, Kimpembé sur l’action de son tacle, Kurzawa en situation offensive et Florenzi sur une action où Kehrer tacle Bamba. Rien de nouveau sous le soleil : cette équipe est au bout du rouleau physiquement et la coupure, même si elle est courte, va lui faire un bien énorme. Les Parisiens vont avoir au moins cinq jours de vacances et cinq jours d’entraînement. Au final, c’est un 0-0 mais sur ce match, Paris m’a semblé nettement supérieur à une équipe de Lille un peu décevante. 

Pierrot