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Paris s'invente une crise

Posté par Pierre Ménès le 3 octobre 2020

Il faut reconnaître au PSG l’art consommé de s’inventer des crises dans les rares moments où les médias leur foutent la paix et ne racontent pas de balivernes. Là, entre la déclaration de Tuchel et la réponse plus que cinglante de Leonardo, il ne faut pas s’étonner que Paris anime tous les débats foot de France et de Navarre. J’ai un peu de mal à comprendre comment une équipe qui sort d’un quadruplé et d’une finale de Ligue des Champions peut à ce point manquer de sérénité. Alors, Tuchel a raison de dire que l’effectif est moins bon que l’an passé, puisque Thiago Silva et Cavani entre autres, sont partis. Et Leonardo a raison de dire qu’avec la période que vit le monde, l’important n’est peut-être pas de dépenser de l’argent dans les transferts, sachant que les épineux dossiers des prolongations de Neymar et Mbappé vont bientôt se présenter. 

En fait, tout le monde a raison mais tout le monde a tort de faire étalage de ces différends sur la place publique. Malheureusement, c’est la conséquence d’une discorde qui dure depuis trop longtemps. Selon mes informations, les deux hommes ne se serreraient même plus la main. Cela ne peut plus durer et il va falloir que Doha tranche, dans un sens ou dans l’autre, à moins que la trêve internationale n’apaise un peu les tensions. Mais bon, sportivement le PSG va bientôt entamer une phase de poules de LDC assez serrée et aurait pu s’éviter cette tragi-comédie en public. 

A côté de ça, il y a eu un match face à Angers qui, comme tous les ans, est venu avec sa tactique à neuf derrière et qui, comme tous les ans, est reparti avec une bonne branlée. Peut-être qu’un jour Moulin sera tenté de jouer au football au Parc. Parce que je veux bien que le SCO ait eu des occasions en contre, mais il y avait une telle différence entre les deux équipes que l’argument me paraît difficilement recevable. Le PSG, avec un Verratti à 160 ballons et un Neymar à 118 - pour rappel, il n’en avait touché que 48 en finale de LDC - s’est baladé. Avec notamment un très joli but de Florenzi.

Et puis samedi, on a eu la confirmation que Lens était bien le tube de l’été - enfin de l’automne vu le temps qu’il fait. Avec des joueurs intelligemment recrutés, des joueurs complémentaires, qui font le boulot et qui surtout, ne surjouent pas. Chacun reste dans le cadre de ce qu’il sait faire et ne se prend pas pour un autre. En fait, cette équipe est à l’image du club et de ses valeurs : humilité, combativité, ténacité. Les Sang et Or qui ont aussi été aidés par des Stéphanois qui ont fondu les plombs, à l’image de Kolodziejczak qui a provoqué un penalty en blessant assez gravement Ganago à la cheville. L’arbitre a eu recours à la VAR pour l’expulser mais cette décision est totalement logique avec ce tacle les deux pieds décollés du sol.

Nice-Nantes arbitré à Paris

Ce péno transformé transformé par Kakuta est le quatrième accordé aux Lensois cette saison. Mais on peut toujours gloser sur le nombre de penalties accordés à une équipe, pour en obtenir il faut déjà être dans la surface. C’est la base. Sotoca a ensuite inscrit le second but de la tête sur coup de pied arrêté et Sainté a pris un second rouge direct, infligé cette fois à Khazri pour un geste assez insensé lui aussi. Je veux bien que Puel râle mais il faut revoir les images. Les deux pieds sont à la hauteur du tibia et avec les nouveaux règlements, c’est rouge tous les jours. 

Ce samedi s’est tristement terminé avec un Nice-Nantes d’une faiblesse en terme d’intensité qui me laisse pantois. C’est une constante chez ces deux équipes et on peut surtout en faire le reproche à Nice, qui a effectué un bon recrutement et est censé avoir des ambitions. Soyons clairs : si les Aiglons ne haussent pas leur rythme de jeu - et je ne parle pas de tactique ou de style mais d’intensité - ils ne seront pas dans leurs objectifs. Le ballon remonte trop lentement, il n’y a pas de prise de risque dans la passe, pas d’imagination… Il n’y a rien. Finalement, les joueurs de Vieira sont bien heureux de l’avoir emporté, avec d’abord un but de la tête de Dante sur lequel Pallois est inattentif et Laffont aux abonnés absents. 

Nantes a égalisé sur un penalty de Louza et c’est Khephren Thuram qui a marqué le but de la victoire du Gym en récupérant un ballon contré pour tromper Laffont d’une frappe du gauche. Au-delà du manque d’intensité et d’intérêt de ce match, ce qui m’a particulièrement agacé c’est qu’il a été arbitré depuis Paris. C’est la VAR qui appelle Monsieur Brisard - qui était donc toujours dans sa forme du Parc des Princes - pour lui dire qu’il y a rouge sur Girotto - ce qui se discute - et main de Pelmard - ce qui se discute aussi. Donc, à partir du moment où la VAR appelle l’arbitre, la VAR prive l’arbitre de son libre-arbitre. 

Dans VAR, il y a « assistance ». Or, ce n’est pas de l’assistance, c’est de la décision. C’est une corruption de ce qu’était supposée être la VAR au début. D’autant qu’on ne sait pas si les arbitres sont sanctionnés s’ils désavouent la VAR. Ce serait intéressant de savoir. Si Brisard décide de ne pas expulser Girotto et de ne pas siffler la main de Pelmard et qu’il se fait saquer derrière, c’est sûr qu’il va faire comme tous les autres et suivre l’avis des collègues. Cela me laisse un goût très étrange dans la bouche. Dans un bon match ce serait déjà pénible à vivre. Alors dans un match de ce niveau, c’est odieux.

Pierrot