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Rennes déraille, Marseille enchaîne, Paris déroule

Posté par Pierre Ménès le 24 octobre 2020

Le meilleur des trois matchs de ce début de huitième journée a eu lieu vendredi avec un très bon Rennes-Angers, un spectacle agréable pour le téléspectateur neutre, beaucoup moins pour le supporter rennais. Stéphan avait fait le choix logique d’aligner son équipe-type contre Krasnodar, le match supposé le plus facile des six dans sa poule de Ligue des Champions. Du coup, il a fait tourner face à Angers en se privant de quelques joueurs et cela s’est ressenti au niveau de la consistance du jeu. Les Bretons se sont fait piéger même s’ils ont ouvert le score par Hunou sur une grosse faute de main de Bernardoni. 

Par la suite, le SCO est revenu et a même pris l’avantage sur une frappe de Boufal contrée et un lob de Fulgini sur une mésentente Gomis-Da Silva sur laquelle le gardien rennais réalise une sortie inconsidérée. J’ai souvent regretté qu’Angers se déplace sans la moindre ambition offensive. Cette fois, face à l’une des meilleures équipes de Ligue 1, invaincue, les joueurs de Moulin l’ont emporté en jouant au foot. Le retour de Boufal leur a fait un bien incroyable et l’équipe monte enfin des ambitions dans le jeu. Moi, je suis toujours content quand il y a une prime à l’ambition. Quant aux Rennais, ils sont entrés de plain-pied dans une période dont ils n’ont pas l’habitude, avec six matchs à jouer en trois semaines. 

Cela va être impossible pour certains joueurs et je pense en particulier à Camavinga qui a clairement accusé le coup sur le plan physique. Et puis une dernière chose sur ce match : j’ai trouvé l’arbitrage de monsieur Pignard absolument remarquable, tout comme les interventions très rapides de monsieur Turpin au niveau de la VAR. Voilà un match à montrer en exemple pàour toute la Ligue 1 : aux joueurs et aux entraîneurs pour ce qui concerne l’état d’esprit offensif des deux équipes, et aux hommes en noir pour ce qui est des décisions arbitrales. 

Choix tactique ou façon d’emmerder Leonardo ?

Samedi après-midi on a eu droit à un match de Ligue 2 entre Lorient et Marseille. L’OM était revenu à son milieu en losange qui avait fonctionné contre Bordeaux. Il a encore fonctionné en Bretagne, mais bon : quand tu joues contre Bordeaux ou Lorient, tu es sûr de ne pas encaisser de buts vu l’indigence absolue en attaque en face. En l’occurrence, est-ce que Marseille a produit du jeu ? Non. Est-ce que l’OM rassure dans ses intentions ? Non. Le but de la victoire est venu d’une tête en angle très fermé de Balerdi sur un long coup-franc de Thauvin sur lequel Nardi se déchire. 

Alors cela fait trois points de plus pour l’OM et une quatrième place au classement. Mais un peu comme la saison dernière et peut-être même plus encore, ce classement flatteur ne reflète absolument pas la qualité de jeu de l’équipe phocéenne. Je n’arrive toujours pas à voir comment va faire l’OM pour gagner un match face à un adversaire d’un niveau correct face auquel il va falloir faire le jeu. Au bout d’un moment, je pense que ce style minimaliste va atteindre ses limites…

Et puis, que pouvait-on attendre de ce PSG-Dijon ? Rien. On savait que Paris allait gagner largement. On savait que vu la période et le nombre d’absents, les joueurs de Tuchel n’allaient pas prendre de risques ni mettre une « intensité incroyable » comme le dit Tuchel. En jouant au petit trot, le champion en titre a gagné 4-0 avec un bon Neymar, un doublé de Kean et un autre de Mbappé. Mais le fait de match, c’est surtout que Tuchel veut, comme il l’a déclaré après le match, installer Marquinhos au poste de sentinelle. Moi je veux bien, mais qui va le remplacer en charnière centrale aux côté de Kimpembé ? Kehrer ? Diallo ? Danilo Pereira ?

En Ligue 1 cela suffira largement. Pas en Ligue des Champions. Je ne sais pas si, pour Tuchel, c’est uniquement un choix tactique ou une façon d’emmerder Leonardo. Je pense qu’il y a un peu des deux. Il faut voir comment le directeur sportif brésilien va réagir en interne. En attendant, le club de la capitale va jouer très gros mercredi à Istanbul, face à l’adversaire le plus faible de sa poule de LDC. Les six points sont obligatoires. 

Pierrot