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Rennes laisse filer Marseille

Posté par Pierre Ménès le 8 Février 2020

La journée a commencé par la victoire sans contestation de Lille à Angers. On ne sait pas trop dans quel état étaient les Angevins après les accusations qui frappent le président Chabane. Je n’ai pas pour habitude de m’exprimer sur les affaires de justice, mais j’ai juste envie de faire une remarque : visiblement dans ce pays, la présomption d’innocence, tout le monde s’en fout. Le mec est sali dans tous les sens, personne ne connaît rien au dossier mais tout le monde y va de son commentaire. Tout cela me débecte. Toujours est-il qu’avec cette 3e victoire en huit jours, le LOSC menace désormais directement le Stade Rennais pour la 3e place. 

Samedi après-midi, on a eu droit à un OM épuisé, sans ressources physiques, sans idée, sans pouvoir d’accélération et qui aurait pu être mené après 30 secondes de jeu sur le poteau de Leya Iseka. Le match a été très pénible pour les Olympiens qui ont eu un nombre d’occasions famélique et n’ont dû leur salut qu’à un nouvel exploit de Payet, seul buteur du match sur une frappe de 25 mètres dans la lunette de Reynet. Quand on pense que la semaine prochaine, l’OM va à Lyon mercredi et à Lille dimanche, c’est à se demander si l’état de grâce marseillais peut durer encore longtemps. 

Cela dit, tant que Payet et Mandanda seront dans cette forme, tout sera possible pour l’équipe de Villas-Boas n’a toujours pas encaissé de but en 2020. Mais au niveau du jeu, c’était vraiment poussif. En face, il faut reconnaître que Toulouse n’a pas joué comme un dernier de la classe, loin de là. Les hommes de Zanko, qui a lancé pas mal de jeunes, ont montré de belles choses, notamment au milieu. Mais ils ne marquent pas et leur place au classement est de plus en plus dramatique.

Nîmes retrouve sa niaque

Et puis on a eu un samedi soir assez spectaculaire. Avec deux matchs où les cartons rouges ont eu leur importance. D’abord à Metz, où les Grenats ont ouvert le score d’entrée avant l’expulsion justifiée de Pajot cinq minutes plus tard, laissant les Girondins égaliser après le repos par Basic, puis prendre l’avantage en fin de match grâce au premier but de Oudin sous ses nouvelles couleurs. Scénario assez proche à Nice, où les Aiglons ont eux aussi ouvert le score très vite par Claude-Maurice, avant de se heurter à une équipe de Nîmes qui n’était pas sans rappeler la formation fougueuse qu’elle était l’an passé.

L’égalisation de la tête de Landre juste avant la pause avait déjà contrarié les plans azuréens, mais il est évident que l’expulsion - justifiée là aussi - de Boudaoui a coulé les Niçois. Blessé à la cheville sur le tacle, Philippoteaux est quand même resté sur le terrain et c’est lui qui a marqué d’une volée écrasée avant de devoir sortir sur civière quelques minutes plus tard. Les Crocos qui ont ajouté un 3e but en fin de match et restent donc sur trois victoires consécutives, se replacent bien au classement. Du côté des troupes de Vieira, c’est un coup d’arrêt aussi inattendu que décevant. 

Alors que c’était loin d’être scellé dans le bronze, on a eu droit à un excellent match entre Dijon et Nantes. Les Canaris ont encore pris un but dans les arrêts de jeu, mais ils ont aussi égalisé dans les arrêts de jeu par Girotto et seront donc revenus trois fois au score dans ce match porté sur l’offensive. C’est plutôt le cas avec Dijon cette saison, moins avec les Nantais. Ce qui tendrait à prouver qu’ils sont en progrès sur ce point avec Gourcuff.

L’égo des Pinault

Amiens peut s’en vouloir. Les Picards avaient ouvert le score devant Monaco par Guirassy sur une énorme faute de Lecomte. Mais tout a basculé en fin de match avec l’entrée en jeu d’un Slimani une nouvelle fois décisif. Il est dans le coup sur le but superbe de Ben Yedder et c’est lui qui donne la victoire à son équipe cinq minutes plus tard, de la tête sur corner. L’Algérien avait perdu sa place sous Jardim et avait ensuite boudé - il faut dire qu’il n’a pas un caractère facile. Si Monaco peut de nouveau s’appuyer sur ce duo offensif et vu les faibles écarts au classement, tout sera possible pour les joueurs de Moreno. 

Enfin on a assisté à un étrange derby breton au Roazhon Park. Étrange évidemment parce qu’Olivier Létang a pris la porte vendredi, pour une banale histoire d’égo entre les Pinault et lui. Ces derniers ne supportaient pas qu’il ait les pleins pouvoirs qu’ils lui ont pourtant donnés, ce qui chez moi s’appelle un paradoxe. Que Létang ne soit pas toujours facile à vivre, c’est un fait entendu. Mais virer un président quand tu es qualifié en quart de finale de Coupe de France et que tu es 3e au classement avec un total de points que le club n’a jamais eu dans son histoire, c’est juste suicidaire.

Alors, je serais vraiment de mauvaise foi en disant que cela a eu une influence sur le triste 0-0 auquel on assisté face à Brest. Mais voilà, qu’on le veuille ou non, depuis l’arrivée de l’ancien directeur sportif du PSG, les résultats étaient très bons, avec notamment le beau parcours en Ligue Europa et la victoire en Coupe de France l’an passé. Les Pinault ont tout gâché. OK, ils gâchent tout avec leur pognon. Mais en entendant le public du Roazhon Park scander longuement le nom de Létang hier soir, ce qui pour moi s’apparente à un scandale va sans doute laisser des traces…

Pierrot