L'interview du mois : découvrez Black Amber

Sur son compte Instagram, Black Amber a récemment demandé à ses abonnés comment ils la décriraient en trois mots. Sensuelle, souriante, passionnée : c’est les adjectifs qui nous viennent immédiatement à l’esprit après notre interview au détour d’un shooting pour le Journal du Hard. Une séquence dans laquelle elle allait nous montrer à quel point l’utilisation de ces trois termes était plus que justifiée pour la décrire. Entretien avec la « girl next door » que l’on aimerait tout(e)s avoir comme voisine de palier.
Posté par Lucas Granger le 21 janvier 2022

Black Amber, à ton tour de décrire ton activité en trois mots !

Je m'appelle Black Amber et propose beaucoup de contenus différents : fetish, porn classique et de la jolie photo. Je fais du porn et de la photo érotique principalement pour Suicide Girls et j’ai également mes plateformes privées comme mon OnlyFans.

C’est quoi une journée type de boulot pour Black Amber ?

Alors ce n’est jamais en soirée car Black Amber, elle est maman ! Il y a la Black Amber qui bosse et il y a la Black Amber mère de famille. C’est quelque chose que je sépare complétement même si j’essaye de communiquer de grandes valeurs à mes enfants.

Donc une journée type c’est : école, puis après je me recouche (parce que Black Amber est une marmotte), je prends mon café, me maquille puis j’y vais un peu au feeling mais c’est assez carré : la vie de famille reste prioritaire donc il y a des horaires. Ça m’a appris à m’organiser.

Le porn c’est ton activité principale ?

Absolument. C’est du travail déclaré, je paye des impôts sur ce que je fais. C’est d’ailleurs une question qui revient souvent.

Il y a également des clichés qui reviennent fréquemment concernant les travailleur(se)s du sexe et que tu souhaiterais démanteler ?

Les gens devraient savoir qu’on n’a pas tout le temps envie. On n’est pas à la disposition du consommateur. Oui on aime le sexe, tu ne fais pas long feu dans ce métier si tu n’aimes pas le sexe, mais il faut respecter le fait que les TDS (travailleur(se)s ndlr) n’ont pas toujours envie et qu’on est des êtres humains avant tout.

Tu restes toi-même avec ta communauté ou il y a deux Black Amber ?

Je n’ai aucun problème à communiquer avec ma communauté car elle est grave bienveillante ET intéressante, j’ai beaucoup de chance. Je sais qu’il y a beaucoup de personnes qui se créent un personnage mais moi je ne suis pas si différente de Black Amber dans la vraie vie… 

Je ne vais pas dire que je suis 100% naturelle non plus. Black Amber sur OnlyFans elle est plus coquine que la Black Amber qui fait cuire des pâtes forcément. Mais finalement je m’ouvre beaucoup et partage plus que du porn. Par exemple je joue pas mal aux jeux vidéo et j’ai lancé une chaîne Twitch pour parler d’autres choses avec ma communauté.

Tu parles de diversification dans tes activités, est-ce que quand on te demande ce que tu fais dans la vie tu dis toujours ton vrai métier ?

Non je dis que je suis modèle photo. Il faut se protéger car les gens ont beaucoup de préjugés. Mes proches sont au courant mais ils ne l’ont pas été tout de suite, je l’ai amené vraiment doucement. Mon gosse a 9 ans, il sait que je fais des photos pas forcément très habillées, il n’en sait pas plus et je pense que c’est déjà bien. Mais je me dois d’être transparente avec lui et il le saura en temps voulu.

C’est d’ailleurs un sujet dont on entend beaucoup parler en ce moment, comment on gère le sujet du porno avec ses enfants quand on est parent ?

Je pense que c’est la responsabilité des parents d’expliquer que le porno, ce n’est pas la vraie vie. Et je pense que c’est même aux parents de diriger les ados vers quelque chose de plus éthique, qui ressemble un peu plus à la vraie vie. Tu ne peux pas interdire à un ado de regarder du porno, c’est impossible. Mais tu peux lui expliquer que ce qu’il va trouver gratuitement sur certains sites c’est vraiment, vraiment pas la vraie vie. Et je pense que malheureusement le porno a une grande influence sur la vie sexuelle des jeunes. Par exemple les bisous, les préliminaires : c’est important. Pourtant ils puent du cul dans le porno mainstream.

Notre génération de parents doit changer les choses à ce niveau. Quand on me lance sur le sujet je me sens obligée d’éduquer les gens.

Est-ce que le porno a changé ton rapport à ton corps et ta confiance en toi ?

Je me suis fait refaire la poitrine après la grossesse. Je n’aimais vraiment plus mes seins et c’était devenu un très gros complexe alors qu’avant je les adorais. Mais je savais qu’en me faisant refaire les seins j’allais avoir une nouvelle communauté qui viendrait pour ça, et ça me va très bien. Moi ce qui me fait mal c’est plutôt les stéréotypes au niveau des poils, de la vulve, etc…

Quand j’étais très jeune je me comparais beaucoup. Maintenant que j’ai vu plein de vulves j’en ai putain de marre qu’on dise que les poils c’est dégueulasse, qu’une petite chatte c’est mieux qu’une chatte qui est « dégueule » comme Maeva Ghennam, etc… Je n’ai aucun complexe à montrer ma vulve. C’est une fierté de ne pas avoir une vulve stéréotypée.

D’ailleurs toi tu aimes mater quoi comme porn ?

J’aime le feeling entre plusieurs personnes. Que ça soit deux ou dix. J’ai évolué et j’essaye de consommer de façon éthique. C’est bien quand les personnes ont envie de faire l’amour et que ça se voit. Ça rend le truc hyper excitant à mes yeux.

Tu dirais que tu fais du porno féministe ?

Naturellement je m’entends plus avec des gens qui ont des valeurs et des combats similaires aux miens donc dans un sens oui, je propose quelque chose d’un peu féministe parce que je tourne avec des nanas qui le sont et moi aussi. Mais oui et non parce que je ne suis pas là pour éduquer, si j’ai envie de faire un truc « hardcore » je le fais et je le fais parce que ça me fait kiffer. On n’est pas là pour éduquer les jeunes non plus, ça reste du divertissement.

Un divertissement particulièrement censuré sur les réseaux sociaux et dans la société en général. C’est quelque chose que tu subis au quotidien ?

Je n’en ai plus rien à faire. Mon insta a dû sauter cinq fois. On perd tous nos messages, contacts et contenus et c’est ça qui me fait mal. On est dans la censure permanente. Mais sans les réseaux sociaux on n’existe pas donc on n’a pas le choix.

Depuis des années je me fais balader de plateformes en plateformes, je m’adapte. C’est énervant parce que tu sais que des plateformes comme OnlyFans ou MYM se font énormément d’argent grâce aux TDS, et en retour tu as l’impression que tu es une merde, que tu n'es pas considéré (voir notre article sur le sujet ndlr). Bien sûr que ça mine le moral, c’est du boulot tout ça.

Et quand le moral est moins bon et les temps plus durs, tu sens une vraie solidarité entre travailleur(se)s du sexe ?

Carrément. Après comme dans tous les milieux il y a un peu de rivalité aussi. Mais moi je n’ai jamais eu autant de vrai(e)s ami(e)s que depuis que je suis travailleuse du sexe. C’est de vraies belles rencontres.

Justement il y a un conseil que tu aurais aimé qu’on te donne quand tu as commencé dans le milieu ?

Ce n’est pas vraiment un conseil mais plutôt de la prévention par rapport à internet. Qu’on me rappelle que les images postées sur la toile sont indélébiles. Je ne dis pas qu’il y a des choses que je regrette mais en ayant ça plus en tête il y a certaines vidéos ou pratiques que je n’aurais pas faites. Non pas par honte mais parce que ça ne me correspond plus forcément.

Qui t’inspire dans la communauté ?

Daisy Love et Cam Damage pour le coté ultra esthétique et kinky, c’est ouf. Goth Charlotte également. La TDS à suivre pour un public Français c’est Mina Kali pour sa polyvalence ! La meuf est capable de te balancer dans la même semaine de l’ASMR suivi d’une vidéo de gorge profonde hardcore et d’une petite séance de masturbation ultra fleur bleue. Franchement je surkiffe ! Il y a également Ori Pale, là c’est une personne à zizi, qui fait du porn très esthétique aussi.

Le mot de la fin ?

Aimez-vous les uns les autres et faites du cul safe !

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