BERLIN saison 2 sur Netflix : l'incroyable histoire vraie des tableaux volés et jamais retrouvés
Si "La Dame à l’hermine" est au cœur de l’intrigue de BERLIN saison 2, d’autres tableaux célèbres se trouvent dans la salle secrète du Duc. Des œuvres qui, dans la réalité, ont véritablement été dérobées. La série est à découvrir sur Netflix (disponible avec CANAL+)
De Paris à Séville : un nouveau casse artistique sur Netflix
Après une première saison parisienne, BERLIN, le prequel de LA CASA DE PAPEL, pose ses valises à Séville. C’est dans le sud de l’Espagne que Damián, Keila, Roi, Cameron et Bruce déploient un nouveau plan audacieux imaginé par le charismatique Berlin (alias Andrés de Fonollosa).
Dans ce nouveau chapitre, il n’est plus question de diamants mais de peinture. La cible est La Dame à l’hermine, peinte par Léonard de Vinci en 1489. Un choix imposé par le Duc, un homme richissime qui engage Berlin pour dérober cette œuvre.
Comme on le découvre dans l’épisode 3, ce mystérieux collectionneur dispose d’une salle secrète abritant des tableaux qui, dans la vraie vie, ont disparu ou ont été volés. Un mélange savant entre fiction et réalité.

Mafia, nazis et Réveillon gâché
Si plusieurs tableaux sont nommés, d’autres sont à peine visibles lors de cette séquence. Nous en avons compté une quinzaine et identifié treize, parmi lesquels 6 sont présentés par Berlin lui-même.
-La Femme à l'éventail (1919) d’Amedeo Modigliani : Volé au Musée d'Art Moderne de Paris en 2010 par Vjeran Tomic, avec quatre autres peintures. Le receleur Yonathan Birn a affirmé avoir ensuite jeté les toiles dans une poubelle après avoir vu ses complices se faire arrêter. Le tableau aurait donc été broyé ou brûlé avec des détritus.
-Vue d'Auvers-sur-Oise (1873) de Paul Cézanne : Dérobé au musée Ashmolean d’Oxford lors du passage à l'an 2000. Les voleurs se sont introduits par le toit après avoir désactivé le système d’alarme et se sont emparés du Cézanne.
-La Nativité avec Saint François et Saint Laurent (1609) du Caravage : Disparu à Palerme en 1969. D’après Rocco Benedetto, le curé de l’oratoire de San Lorenzo, la mafia l’a contacté directement en lui envoyant un morceau du tableau. Mais une fois la police prévenue, la Cosa Nostra ne s’est plus manifestée.
Puis, en 2018, un ancien membre de la mafia a raconté que la toile avait longtemps été en possession de Gaetano Badalamenti, de la famille palermitaine de Cinisi. Par la suite, elle aurait été transmise à un marchand d’art en Suisse. Pour compenser la perte de l’original, une réplique a été installée en 2015 à San Lorenzo.

-Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée (1633) de Rembrandt : Victime du plus grand vol d'art de l'histoire le 18 mars 1990 au musée Isabella Stewart Gardner de Boston. Deux hommes déguisés en policiers sont entrés dans le bâtiment et ont volé 13 œuvres. Le FBI n’est pas parvenu à les retrouver et l’enquête reste en cours.
-Portrait de jeune homme de Raphaël : Pillé par le régime nazi en Pologne durant la Seconde Guerre mondiale, comme 100 000 autres œuvres d’art. Hans Frank, nommé gouverneur de Pologne par Adolf Hitler, s’en est emparé avant d’être arrêté en 1945. Mais contrairement aux Rambrandt et aux de Vinci, le Raphaël n’était plus dans sa résidence et n’a pas été retrouvé depuis.
-Fleurs de pavot (1887) de Vincent van Gogh : Volé deux fois ! D’abord au Caire en 1977, avant d’être retrouvé au Koweït. Puis, en 2010, le tableau a été une nouvelle fois dérobé, au même endroit, et en plein jour ! Pour cela, les suspects ont placé un canapé contre un mur afin de découper la toile et la retirer du cadre.
Les voleurs ont ensuite quitté les lieux tranquillement, puisqu’aucune alarme ne s’est déclenchée. D’après Habib Al-Adly, le ministre de l'Intérieur égyptien de l’époque, les voleurs devaient avoir un complice qui travaillait au musée. Mais les enquêtes n’ont rien donné.

Une révélation inattendu pour "Les Juges intègres"
En plus de ceux que Berlin admire ouvertement, on peut apercevoir au moins sept autres chefs-d'œuvre dans la salle du Duc. On y retrouve Le Concert (1663-1666) de Johannes Vermeer — dont la valeur est estimée à environ 250 millions de dollars — et Chez Tortoni (vers 1875) d'Édouard Manet. Tous deux ont disparu lors du célèbre vol de Boston en 1990. La chanteuse du café-concert (1879) d’Édouard Manet et La Main de l’archevêque Fernando Valdés (vers 1630) de Diego Vélasquez manquent également à l'appel dans le monde réel.
En étant attentif (voir l'image ci-dessous, à droite), on peut aussi apercevoir Les Juges intègres (1432) de Jan van Eyck, dont l'histoire particulièrement romanesque mérite qu'on s'y attarde. Volé le 10 avril 1934 dans la cathédrale Saint-Bavon de Gand, en Belgique, il a été remplacé par une note provocatrice : « Volé à l’Allemagne par le traité de Versailles ».
Quelques jours plus tard, le ravisseur a réclamé une rançon d’un million de francs belges. Pour prouver qu’il avait bien l'œuvre, il déposa un premier panneau (celui de Saint Jean-Baptiste) dans une consigne de la gare de Bruxelles-Nord, et espérait être payé pour le deuxième panneau. Mais la rançon n’ayant jamais été payée, le contact fut rompu.
L’histoire aurait pu en rester là. Sauf que quelques semaines plus tard, Arsène Goedertier, un banquier et ancien sacristain, confessa le vol à son avocat sur son lit de mort. Dans un dernier souffle, il murmura : « Dans mon bureau, clé, armoire, farde mutualité… ». Malheureusement, Goedertier n’eut pas le temps de finir sa phrase. Malgré d'intenses recherches, le secret de la cachette est resté enfoui avec lui.

"La Dame à l’hermine" a-t-elle été volée ?
Enfin, notons une petite liberté prise par les scénaristes. Malgré leur présence dans la salle du Duc, La Plaine de Gennevilliers (1877) et Sur la falaise près de Dieppe, soleil couchant (1897) de Claude Monet n’ont pas été volés officiellement. Un clin d'œil malin des créateurs de la série pour suggérer que la vérité a été cachée au public.
La saison se termine d’ailleurs avec un sous-entendu similaire concernant La Dame à l’hermine. Et si le tableau exposé depuis 2016 au musée national de Cracovie n’était en réalité qu’une réplique ?
