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Dead Pixels : enfin une série drôle sur les gamers

Posté par Alexis Lebrun le 25 janvier 2021
Après avoir été représentés de façon condescendante et péjorative pendant des décennies, les jeux vidéo voient leur image évoluer dans les séries aussi. Venue de Grande-Bretagne, Dead Pixels est l’une des premières à vraiment les aborder avec amour et humour, mais sans abuser des clichés. Et c’est tout sauf un hasard.
Jouer ou choper, faut-il décider ?

Peut-on sortir du célibat quand on a une passion dévorante pour un jeu de rôle en ligne (MMORPG) qui occupe tout notre temps ? Ce dilemme bien connu, c’est celui de Megan, une jeune joueuse qui passe tout son temps libre à jouer sur une sorte d’équivalent de World of Warcraft, nommé Kingdom Scrolls. Sauf que Meg n’est pas pleinement satisfaite de cette situation. Elle ressent lourdement le besoin d’avoir une vie sexuelle épanouissante, et quand arrive un nouveau collègue tout à fait à son goût, elle ne peut s’empêcher de l’inviter à jouer avec elle. Le hic, c’est que Meg a l’habitude de jouer avec deux gamers très investis comme elle, et qui ne voient pas forcément d’un bon œil l’arrivée d’un débutant (Russell) dans leur groupe bien rôdé.

Le premier (Nicky) est le colocataire très introverti de Meg, et il est peut-être bien secrètement amoureux d’elle. Quant à Usman, c’est un père de famille qui néglige gravement ses obligations au profit de Kingdom Scrolls. Meg et Nicky peuvent aussi compter sur Alison, une troisième colocataire – et la seule non-joueuse – qui coche elle toutes les cases de l’intégration à la société. Même si elle ne comprend pas le mode de vie de ses deux compères, elle s’inquiète pour eux et tente d’aider Meg à se débarrasser ses frustrations, ce qui n’est pas gagné.

Deux joueurs aux manettes

Même si la série peut parfaitement être comprise – et appréciée – par quelqu’un qui ne connaît pas grand-chose à l’univers des jeux vidéo, Dead Pixels réserve quelques références et hommages appréciables pour les adeptes du genre. Les personnages ont les pratiques et le vocabulaire qui correspondent à la réalité du jeu vidéo actuel, mais il y a plus important. Les épisodes se déroulent en effet en bonne partie dans l’univers virtuel de Kingdom Scrolls, jeu qui est une création unique imaginée spécialement pour la série, avec des avatars calqués sur les visages des acteurs. Le résultat est très crédible, et surtout drôle, ce qui était quand même loin d’être gagné. Si Dead Pixels évite l’écueil toujours embarrassant de la fiction qui représente mal les pratiques très spécifiques des gamers, c’est pour une bonne raison : son créateur (Jon Brown, connu pour avoir travaillé sur Misfits, Fresh Meat, Succession ou Veep) et son réalisateur (Al Campbell) sont tous les deux des joueurs d’expérience. Ensemble, ils ont voulu sortir du modèle de la comédie sur les geeks où le spectateur rit aux dépens des personnages, ce qui explique aussi pourquoi le trio de la série est plutôt attachant.

Meg comme Nicky ont de vraies difficultés, et Dead Pixels essaye de ne pas trop appuyer sur le ressort des clichés. Il est déjà notable que le personnage principal soit une joueuse, qui plus est une femme qui revendique ouvertement et souvent en des termes très vulgaires son envie de combler ses désirs sexuels, une chose devenue courante depuis quelques années dans les séries, mais qui se double ici d’un autre atout : l’écriture de son personnage ne répond pas non plus aux clichés genrés. Elle est jouée par une actrice qui est aussi une joueuse : Alexa Davies, aperçue récemment dans le film Mamma Mia! Here We Go Again. Accompagnée notamment de Will Merrick (Alo Creevey dans Skins) et de Charlotte Ritchie (Call the Midwife, Feel Good), elle contribue à faire de Dead Pixels une des meilleures représentantes du renouveau des sitcoms britanniques. Et ce casting n’a pas fini de jouer : la série a été renouvelée et elle entame en ce moment sa deuxième saison au Royaume-Uni.

Dead Pixels saison 1, disponible dès maintenant, seulement sur CANAL+.