DEVIL IN DISGUISE : quelle est l'histoire vraie de John Wayne Gacy, le clown tueur ?
Entrepreneur respecté et bénévole auprès d'enfants malades, John Wayne Gacy a trompé tout son entourage pendant six ans. DEVIL IN DISGUISE : JOHN WAYNE GACY revient sur cette affaire hors norme, du point de vue des victimes et des failles qui ont permis au tueur d'agir si longtemps.
Un notable au-dessus de tout soupçon
Avant que l'on ne découvre l'incroyable histoire morbide de John Gacy, sujet de la série DEVIL IN DISGUISE son parcours n'avait rien d'exceptionnel. Dans la banlieue de Chicago des années 1970, l'homme a tout du citoyen modèle. Il dirige une entreprise de bâtiment, s'investit dans la politique locale et anime des fêtes pour enfants malades sous les traits de Pogo le clown.
Et pourtant, derrière cette façade se cache l'horreur : il tue au moins trente-trois jeunes hommes et adolescents entre 1972 et 1978. Les signaux d'alerte ne manquaient pourtant pas. Dès 1975, des adolescents avaient signalé à la police un homme prénommé John qui abordait des jeunes en voiture. Mais à l'époque, beaucoup de disparitions de garçons sont classées comme de simples fugues, et les familles se retrouvent souvent seules à chercher. Tout bascule en décembre 1978 avec la disparition de Robert Piest, 15 ans, venu voir Gacy pour un petit boulot. Ses parents remuent ciel et terre, et la police de Des Plaines, une petite ville voisine, prend l'affaire à bras-le-corps. Gacy est finalement arrêté le 21 décembre. Sur sa propriété, les enquêteurs découvrent les corps de vingt-neuf victimes, et quatre autres sont retrouvées dans la rivière voisine. Condamné à mort, il est exécuté en 1994. Certaines victimes n'ont été identifiées que des décennies plus tard grâce aux tests ADN, et d'autres n'ont toujours pas de nom.

Raconter l'affaire du côté des victimes
Adaptée du documentaire du même nom diffusé en 2021, la série en huit épisodes est signée Patrick Macmanus, déjà à l'origine de la série DR. DEATH, qui retraçait l'histoire vraie d'un neurochirurgien texan dont les opérations ont laissé de nombreux patients mutilés.
Pour DEVIL IN DISGUISE, son parti pris est clair : chaque épisode porte le nom d'une victime, et de courtes séquences retracent la vie de ces garçons avant leur rencontre avec Gacy. Celui-ci n'apparaît d'ailleurs qu'au bout de vingt minutes dans le premier épisode. Michael Chernus, vu dans SEVERANCE, prête ses traits au tueur, face à Gabriel Luna dans le rôle de Rafael Tovar, l'inspecteur qui a mené l'enquête. Pour Michael Chernus, l'enjeu était aussi de ne pas faire de Gacy une figure de film d'horreur, ce surnom de « clown tueur » qui a contribué à le transformer en icône de la pop culture. Sans jamais chercher à justifier ses crimes, l'acteur a voulu montrer un homme bien réel : « C'est d'autant plus effrayant que c'était un être humain capable de ces actes monstrueux. » L'association GLAAD (organisation américaine qui lutte contre les discriminations envers les personnes LGBTQ+ dans les médias) a par ailleurs conseillé l'équipe, pour éviter tout récit laissant entendre que Gacy aurait tué parce qu'il était gay. Une façon de rappeler que l'histoire ne se résume pas au tueur, mais concerne aussi les vies qu'il a brisées et les préjugés d'une époque qui ont retardé son arrestation.
