High Maintenance (OCS), la série qui sent bon la weed new-yorkaise

Posté par Alexis Lebrun le 14 Février 2020
Le dealer à vélo le plus cool de New York est de retour ! Diffusée depuis le 8 février sur OCS, disponible avec CANAL+, la saison 4 de High Maintenance continue de tirer le portrait d'une belle brochette de personnages from Brooklyn.

Envie de vous poser devant une série à laquelle on devient étrangement accro sans savoir vraiment pourquoi ? High Maintenance n’est ni la première ni la dernière série sur le thème de la drogue, mais elle est incontestablement l’un des plus originales. Véritable déclaration d’amour à New York et ses habitants, cette comédie mélancolique inclassable est une addiction légale qui devrait être remboursée par la sécurité sociale.

Le héros est un anti-héros

Dans High Maintenance, il n’y a pas vraiment de personnages récurrents, mis à part « The Guy », le dealer de marijuana à vélo dont on ne connaît pas le nom, et qui est interprété par Ben Sinclair, le cocréateur de la série. Avec son look de parfait hipster (barbe, chemise à carreaux, fixie), ce livreur à la décontraction naturelle est le point d’ancrage rassurant de la série, celui qui lui donne cette tonalité cool et apaisante si particulière. Mais on ne sait pas grand-chose sur lui, car il n’est paradoxalement pas au centre du show.

Ni scénario ni stars non plus (et ça fait du bien)

Le concept de la série est d’une simplicité biblique, puisqu’il n’y a pas d’intrigue générale. À chaque épisode, on fait brièvement la connaissance de nouveaux personnages qui sont clients de notre dealer. Et on se prend vite de compassion pour eux, car High Maintenance a un don pour brosser des portraits très tendres et originaux de la population bourgeoise-bohème de Brooklyn, dont on se sent souvent étonnamment proche, que l’on soit bobo, fumeur, ou aucun des deux.

Dans une série moins fine, ces personnages anonymes pourraient être l’objet de nos moqueries, mais à force de suivre ces pérégrinations sans but, on ressent rapidement une forme de bienveillance à l’égard de la vie de ces anonymes où l’on ne fait que passer, des névrosés plus que des drogués, dont le dealer semble parfois être la seule oreille à qui se confier. Ils affrontent des péripéties du quotidien souvent drôles, mais le tragique et l’émotion s’invitent parfois de façon inattendue, ce qui donne un résultat doux-amer assez inimitable. Et on ne sait jamais très bien si on doit en rire ou en pleurer.

Et si l’on croise parfois quelques noms familiers comme Lena Dunham dans la série, ce sont essentiellement des inconnus qui interprètent ces personnages. High Maintenance a d’ailleurs le flair pour repérer les jeunes talents et lancer leurs carrières.

Un régal pour les yeux

Initialement, High Maintenance était une websérie réservée à la plateforme Vimeo, où 19 épisodes sont sortis entre 2012 et 2015. À l’époque, les épisodes s’affranchissent du format récurrent de la demi-heure, et ne durent parfois que quelques minutes. Mais devant le succès rencontré par la série, Vimeo décide de lui apporter un soutien financier à partir de 2014. Et en 2015, c’est HBO qui récupère la série et fait passer les épisodes à une durée de 30 minutes, avec des moyens plus importants à la clé. Heureusement, High Maintenance n’y a rien perdu en qualité, et on ne compte plus les scènes oniriques mémorables où l’on a réellement l’impression d’arpenter un New York délirant, fruit des rêves hallucinés de Ben Sinclair et Katja Blichfeld, les deux créateurs du show.

Et si vous ne deviez regarder qu’un épisode de High Maintenance pour avoir la preuve de ce que l’on avance, on ne peut que vous conseiller Grandpa (saison 1, épisode 3). Entièrement tourné du point de vue d’un chien qui tombe amoureux de sa dog-sitter (jouée par Yael Stone de Orange Is The New Black), il offre un concentré de la beauté absurde de la série, et de l’empathie qu’elle peut susciter en seulement quelques minutes. Le tout accompagné de superbes séquences de rêveries canines sur une bande-originale à tomber par terre.

High Maintenance saisons 1 à 4 sur OCS, disponible avec CANAL+.