Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

Hippocrate, une saison 2 au plus près de la souffrance des soignants

Hippocrate, la série hospitalière de Thomas Lilti, revient pour sa saison 2, sans doute plus sombre que la précédente.

Être médecin, a fortiori à l’hôpital, n’a rien d’un jeu d’enfant. Si l’on s’en rendait bien compte au cours de la première saison d’Hippocrate, avec ces internes forcés de travailler dans des conditions très dures (situation de quarantaine, médecins titulaires absents, sous-effectif, manque de place pour accueillir les patients…), la deuxième va encore plus loin.

Celle-ci met en effet davantage l’accent sur la souffrance des soignants et de tous les corps de métier de l’hôpital, des infirmiers aux chefs de service. Dès le début, les urgences se trouvent sous l’eau. Submergées, littéralement. Une métaphore assez parlante de la situation actuelle…

Sans moyens, comme on le voit dans Hippocrate, les soignants sont donc condamnés à porter à bout de bras un hôpital public lui-même malade, en crise permanente, que les urgences soient inondées ou non. Et pallier chaque jour ses nombreux dysfonctionnements, en redoublant d’ardeur.

Le malaise de tous est palpable, même si personne ne se plaint. Les internes font d’ailleurs tout pour le cacher, ne jamais flancher devant les patients, comme le montre le docteur Brun, nouveau chef des urgences (Bouli Lanners), à une Alyson Lévêque (Alice Belaïdi) qui se laisse parfois déborder par les émotions.

Au bord du burn-out, les jeunes internes supportent tant bien que mal les gardes interminables, la pression constante, des responsabilités trop grandes. L’injustice, aussi, quand ils doivent « choisir » les patients à soigner en premier.

À l’hôpital, ces étudiants sont confrontés à un grand nombre de cas auxquels ils n’étaient pas préparés. Des situations personnelles compliquées de patients, ou tout simplement, des blessures très impressionnantes qu’ils n’auraient jamais pensé voir (Hugo Wagner, interprété par Zacharie Chasseriaud, pourrait en témoigner).

Ils font aussi face à la lassitude et à l’agressivité de patients qui attendent dans un couloir depuis des heures, allant jusqu’à cracher ou mordre les soignants.

Et pourtant, tout dévoués qu’ils sont, les soignants continuent de faire leur travail, coûte que coûte, sacrifiant leur vie personnelle, animés d'un formidable esprit collectif. Sans pathos, cette saison 2 jette une lumière crue sur la dure réalité de l’hôpital public français d’aujourd’hui, qui manque de tout. Y compris de considération.

Hippocrate 2, Création Originale, 8 épisodes de 50 minutes, disponibles dès maintenant sur CANAL+.