LE DÉLICIEUX PROFESSEUR V : avez-vous remarqué ce détail sur les titres d’épisodes ?
La mini-série LE DÉLICIEUX PROFESSEUR V avec Rachel Weisz et Leo Woodall est à voir dès à présent sur Netflix (disponible avec CANAL+). Si les titres des épisodes vous ont intrigués, c’est normal. On vous explique pourquoi.
LE DÉLICIEUX PROFESSEUR V : Rachel Weisz brise le quatrième mur
LE DÉLICIEUX PROFESSEUR V (disponible sur Netflix avec CANAL+) est une mini-série adaptée du roman Vladimir de l’autrice américaine Julia May Jonas, qui a également participé à l’écriture de la série. L’histoire se déroule dans une université américaine et suit une professeure de littérature (incarnée par Rachel Weisz) dont la vie bascule après un scandale impliquant son mari.
Celui-ci, lui aussi professeur dans le même département, est accusé d’avoir entretenu par le passé des relations inappropriées avec plusieurs étudiantes. L’affaire fragilise la position du couple au sein de l’université et alimente un climat de suspicion dans leur environnement professionnel. Dans ce contexte tendu, la narratrice développe une fascination grandissante pour un nouveau collègue charismatique, Vladimir (campé par Leo Woodall).
La série adopte un point de vue très subjectif, centré sur la perception et les fantasmes de son héroïne, qui brise fréquemment le quatrième mur, à la manière de FLEABAG. Si bien que l’on ne sait jamais vraiment si nous avons affaire à la réalité ou bien à ce que son esprit imagine.
LE DÉLICIEUX PROFESSEUR V tire son titre original (VLADIMIR) d’une référence à Lolita, le célèbre roman de Vladimir Nabokov. Dans ce livre, le narrateur développe une obsession pour une adolescente. La série reprend ce schéma narratif tout en inversant la perspective : ici, c’est une femme qui projette son désir sur un homme plus jeune.

Les titres des épisodes expliqués
Vous l’aurez remarqué, la littérature occupe une place centrale dans LE DÉLICIEUX PROFESSEUR V, en plus d’être tirée elle-même d’une œuvre littéraire. La protagoniste enseigne la fiction américaine et la série intègre de nombreuses références à ce corpus, à commencer par les titres des épisodes. En effet, ceux-ci reprennent tous des œuvres importantes de la littérature américaine, en particulier des textes qui mettent en scène des héroïnes confrontées à des tensions morales, sociales ou sentimentales.
Le premier épisode, « Nous avons toujours vécu au château », fait référence au roman de Shirley Jackson. L’histoire met en scène deux sœurs vivant recluses après un scandale familial, un écho direct à la situation du couple formé par l’héroïne et son mari au début de la série, dont la position dominante dans le département universitaire s’effondre après les accusations portées contre lui.
Le deuxième épisode, « L’Éveil », renvoie au roman de Kate Chopin, qui raconte la prise de conscience d’une femme mariée face à son désir et aux contraintes sociales qui l’entourent. La référence correspond au moment où la protagoniste commence à reconnaître l’attirance qu’elle éprouve pour Vladimir.
Avec « Énorme changement de dernière minute », la série évoque le recueil de nouvelles de Grace Paley. Les textes de l'auteure décrivent souvent des existences bouleversées par des événements soudains, un motif qui correspond à la succession de transformations personnelles et professionnelles que traverse l’héroïne.
Le titre « Mauvaise conduite » renvoie au recueil de Mary Gaitskill, dont les histoires explorent les zones ambiguës de la sexualité et des rapports de pouvoir. Cette référence accompagne l’évolution des relations entre les personnages, de plus en plus marquées par la transgression et l’ambiguïté morale.
Le cinquième épisode, « Maria avec et sans rien », fait référence au roman de Joan Didion consacré à la dérive existentielle d’une actrice hollywoodienne. Dans la série, cette référence souligne la manière dont la protagoniste se laisse progressivement guider par son obsession plutôt que par une décision rationnelle.
Le titre « Cette Saveur amère de l’amour » provient du roman de Joyce Carol Oates. L’œuvre explore les conséquences émotionnelles et morales d’un événement violent dans une communauté. Dans la série, ce moment correspond à une phase où les effets des choix de l’héroïne deviennent plus visibles et plus difficiles à ignorer.
Avec « Mon Mal vient de plus loin », la série fait référence au recueil de nouvelles de Flannery O'Connor. Les textes d’O’Connor mettent souvent en scène des personnages confrontés à des révélations brutales ou à des confrontations morales inattendues, une idée qui correspond à la convergence des tensions accumulées au fil de l’intrigue.
Enfin, le dernier épisode, « L’Oeuvre parle », renvoie à l’essai critique de Susan Sontag. Dans ce texte célèbre, l'auteure critique la tendance à analyser excessivement les œuvres d’art au lieu de les vivre directement. Le choix de ce titre pour conclure la série crée un contraste ironique : les personnages, tous universitaires, passent leur temps à interpréter la littérature alors que leurs propres vies échappent à toute grille d’analyse.
