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MONSTRE : Lizzie Borden était-elle vraiment coupable ? Le créateur de la série Netflix a tranché

Après Jeffrey Dahmer, les frères Menendez et Ed Gein, MONSTRE consacre sa quatrième saison à Lizzie Borden, accusée en 1892 d’avoir assassiné son père et sa belle-mère à coups de hache. Disponible depuis ce 17 septembre sur Netflix, avec CANAL+, la série montre clairement Lizzie comme la meurtrière. Un choix forcément important puisque la vraie Lizzie Borden a été acquittée. Alors, que s’est-il vraiment passé ? Ian Brennan, créateur de la série, a en tout cas sa petite idée.

Pour le créateur de MONSTRE, Lizzie Borden est coupable

Cette fois-ci, MONSTRE ne laisse pas vraiment planer le doute. Dès sa présentation officielle, Netflix annonce que Lizzie Borden, incarnée par Ella Beatty, « massacre ses parents à la hache ». La série raconte ensuite comment cette jeune femme enfermée dans une famille particulièrement toxique aurait fini par tuer Andrew et Abby Borden le 4 août 1892.

Dans la réalité, les choses sont évidemment beaucoup moins simples. Lizzie Borden a bien été arrêtée et jugée pour les deux meurtres, mais le jury l’a déclarée non coupable le 20 juin 1893. Personne d’autre n’a jamais été condamné et l’affaire reste encore aujourd’hui officiellement irrésolue.

Interrogé sur ce point lors d’une conférence de presse consacrée à la série à laquelle nous avons assisté, Ian Brennan assume complètement le parti pris de MONSTRE : L'HISTOIRE DE LIZZIE BORDEN.

« Je pense qu’elle l’a fait », a-t-il répondu. Pour le scénariste et producteur, raconter une histoire aussi incomplète oblige forcément à prendre une décision à partir des éléments disponibles. « Pour moi, c’était très clair. Je me suis dit : non, non, elle a fait ça. Et ensuite, on part de là. »

Ella Beatty a elle aussi travaillé avec cette part de fiction. La comédienne explique avoir lu THE TRIAL OF LIZZIE BORDEN pour préparer le rôle, avant de déterminer quelle partie de sa Lizzie viendrait de la femme réelle et quelle partie serait construite pour la série.

Car plus de 130 ans après les faits, personne ne peut affirmer avec certitude ce qui s’est passé dans la maison des Borden ce matin-là.

Quelles preuves existaient vraiment contre Lizzie Borden ?

Le 4 août 1892, Andrew Borden (incarné par Charlie Hunnam dans la série) est retrouvé mort sur le canapé du domicile familial de Fall River, dans le Massachusetts. Sa femme Abby (jouée par Rebecca Hall) est découverte un peu plus tard à l’étage. Elle a été tuée avant lui. Lizzie se trouve dans la maison ce matin-là, tout comme Bridget Sullivan (Vicky Krieps), la domestique de la famille. Une semaine plus tard, Lizzie est arrêtée.

Plusieurs éléments attirent rapidement l’attention des enquêteurs : un employé de pharmacie affirme que Lizzie avait tenté d’acheter de l’acide prussique, un poison extrêmement puissant, peu avant les crimes. Son amie Alice Russell raconte également l’avoir vue brûler une robe quelques jours après les meurtres. Lizzie assure simplement que celle-ci était tachée de peinture.

L’accusation rencontre pourtant un énorme problème : les preuves matérielles manquent. En effet, les haches et hachettes retrouvées dans la cave ne portent aucune trace de sang permettant de les relier aux crimes. La robe remise par Lizzie aux enquêteurs ne présente qu’une minuscule tache de sang. Aucun vêtement ensanglanté n’est retrouvé et aucune arme ne sera formellement identifiée comme celle des meurtres.

Le procès va encore affaiblir le dossier de l’accusation. Le témoignage sur l’achat du poison est écarté, tout comme certaines déclarations contradictoires faites par Lizzie pendant l’enquête. Son avocat dispose alors d’un dossier essentiellement fondé sur des éléments circonstanciels.

Le contexte de l’époque compte également. Lizzie est une femme blanche issue d’une famille aisée, très impliquée dans sa paroisse et ses activités religieuses. Plusieurs historiens ont depuis souligné à quel point l’image de la femme victorienne respectable a joué en sa faveur auprès d’un jury exclusivement masculin. L’idée qu’une femme de son milieu puisse commettre un crime aussi violent semblait tout simplement difficile à concevoir pour une partie de l’opinion.