Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

Narvalo : en saison 2, les galères prennent de l’ampleur

Posté par Alexis Lebrun le 12 janvier 2022
Un peu plus d’un an après le lancement réussi de l’ovni télévisuel de Matthieu Longatte, l’artiste qui cumule les casquettes revient avec une deuxième saison de Narvalo, estampillée « nouvelles galères ».
Dinguerie sur dinguerie

On ne change pas une recette qui marche. Cette saison 2 de Narvalo reprend le concept aussi simple qu’efficace des huit premiers épisodes, à savoir nous plonger dans huit nouvelles « galères » improbables mais inspirées d’histoires réelles, et racontées par des personnages attachants – de banlieue la plupart du temps – au langage fleuri.

Cette fois encore, les dingueries s’enchaînent donc au fil d’épisodes complètement indépendants que l’on peut voir dans le désordre : on croise ainsi dans cette deuxième saison un parigot exilé à Marseille qui ne supporte plus les embrouilles de la Canebière, un anesthésiste un peu trop porté sur la drogue qui augmente lui-même sa dose d’analgésiques après un accident de scooter, un charo rattrapé de façon très gênante pour ses infidélités par sa meuf du moment, une fêtarde en guerre avec sa voisine à cause de son tapage nocturne ou encore un vacancier qui devient complètement parano en pensant être poursuivi par les flics pour une obscure histoire de CV oubliés dans une voiture abandonnée.

Plus c’est long, plus c’est bon

Mais il y a bien une nouveauté de taille dans cette deuxième saison de Narvalo, les huit nouveaux épisodes de la série passent au format de 20 minutes, là où ceux de la saison 1 devaient se contenter de 13. Les personnages de Narvalo y gagnent bien sûr en épaisseur, comme leurs histoires toujours racontées à l’aide de flashbacks, qui offrent forcément davantage de rebondissements et sont plus agréables à suivre.

On se dit d’ailleurs encore souvent qu’on aimerait passer plus de temps avec tous ces narvalos, et même parfois qu’on aimerait connaître dans la réalité certains de ces personnages. Quand on sait que Matthieu Longatte déclarait au dernier festival CANNESÉRIES que l’un de ses buts était de rendre appréciable la compagnie des banlieusards, on peut dire que l’objectif est plus que rempli.

Nouveaux talents

L’autre intérêt de cette saison 2 de Narvalo, c’est qu’elle nous fait comme la première découvrir de nouvelles têtes souvent très douées pour la comédie. On reconnaît bien Samir Decazza dans le troisième épisode, puisque l’acteur tenait déjà le rôle principal dans le pilote de la série, mais c’est une exception, si l’on omet bien sûr le retour devant la caméra de Matthieu Longatte le temps d’un épisode. Une nouvelle fois, le créateur de la chaîne YouTube Bonjour Tristesse est à l’écriture et à la réalisation, et son talent rare pour la création de dialogues réalistes ne se dément pas.

Narvalo reste une véritable gourmandise pour qui aime toute la richesse de l’argot et l’art si délicat de raconter à l’oral et avec humour des histoires à ses proches. Mais la série reste aussi malheureusement l’une des seules à rendre hommage à la diversité culturelle des banlieues, et même si Matthieu Longatte se défend de glisser volontairement des messages politiques dans Narvalo, on ne peut que se réjouir de constater qu’il continue de prendre le contre-pied des discours dominants sur tout ce qui se passe de l’autre côté du périphérique. Par les temps qui courent, les galères de ces narvalos sont plus que jamais nécessaires.

Narvalo saison 2, disponible à partir du 24 janvier sur CANAL+. La saison 1 est disponible en intégralité sur myCANAL.