Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

Normal People : la plus belle série de l'année 2020 ?

Posté par Alexis Lebrun le 28 janvier 2021
Après avoir fait sensation au Royaume-Uni, cette série irlandaise (disponible sur STARZPLAY en France) a fait chavirer nos cœurs avec sa romance d’une folle délicatesse, portée par deux jeunes talents promis à un grand avenir.
Une adaptation risquée

Normal People est d’abord l’œuvre de Sally Rooney, une écrivaine irlandaise qui est devenue à moins de 30 ans l’un des noms de la génération Y les plus en vue dans la littérature actuelle. Son deuxième roman aujourd’hui adapté en série raconte une histoire d’amour et d'amitié fluctuante entre deux étudiants, de la fin du lycée à leurs années de fac à Dublin. En apparence, presque tout oppose les deux personnages : Marianne est isolée, moquée et vue comme une anomalie à l’école, en raison de sa supériorité intellectuelle et de son mépris des conventions sociales, alors que Connell est sportif et populaire. Et ce n’est pas tout. Il est aussi brillant, ce qui crée une proximité avec Marianne, à qui il est l’un des seuls à parler à l’école.

Mais ils sont aussi séparés par leurs origines sociales : issu des classes populaires, Connell vit seul avec sa mère avenante, qui fait le ménage dans l’immense demeure de la mère de Marianne, une veuve riche et distante. À ce grand écart s’ajoute un dernier obstacle pour leur relation : le poids terrible de la pression sociale – au lycée surtout – qui fait que les deux personnages doivent vivre leur histoire en secret, à l'abri des jugements de leurs camarades. Cette romance était admirablement racontée dans le livre de Sally Rooney, mais le succès de l’ouvrage et les éloges des critiques littéraires rendaient ce projet d’adaptation d’autant plus périlleux. Heureusement, la série bénéficie du savoir-faire d’Alice Birch (Succession) et de la présence de Sally Rooney au scénario, ce qui permet à Normal People de se distinguer par une écriture remarquable et qui n’en fait jamais trop.

Après La Guerre des Mondes, Daisy Edgar-Jones confirme

Si vous suivez l’actualité des séries en France, vous vous souvenez forcément d’elle dans la Création Originale post-apocalyptique de CANAL+ sortie en 2019. Dans La Guerre des Mondes, la jeune actrice londonienne incarnait Emily, la fille aveugle de Sarah et Jonathon, qui semblait avoir un lien avec les aliens. Ça tombe bien, avec Normal People, Daisy Edgar-Jones passe dans une autre dimension, et livre une performance que l’on pourrait presque qualifier d’extraterrestre. Mais c’est sans compter sur son partenaire dans la série, Paul Mescal, acteur irlandais totalement inconnu auparavant, et qui est une vraie grande révélation.

Nommé à l’Emmy Award du meilleur acteur dans une mini-série face à des noms aussi ronflants que Jeremy Irons, Mark Ruffalo ou Hugh Jackman, on devrait entendre reparler de lui très vite. Car le couple qu’il forme avec Daisy Edgar-Jones dans Normal People donne à voir une alchimie comme on en voit rarement dans ce type d’intrigue. Ils donnent vie à des personnages tourmentés avec beaucoup de justesse et de nuance, et les rendent profondément attachants. La beauté de ce duo est amplifiée par une réalisation délicate, signée notamment Lenny Abrahamson (Room), lui aussi nommé aux derniers Emmy Awards.

Une série profondément moderne

Normal People a particulièrement cartonné auprès des jeunes, et ce n’est peut-être pas une coïncidence. Comme le roman, la série réussit à créer une relation amoureuse crédible pour l’époque d’aujourd’hui. Les nombreuses scènes intimes – du premier baiser aux parties de jambes en l’air – sont ainsi particulièrement réalistes, et tranchent avec ce que le public est habitué à voir en la matière depuis des décennies. La coordinatrice d’intimité Ita O'Brien, incontournable sur les séries récentes où le sexe est central (I May Destroy You, Sex Education…), est à créditer pour son travail sur ces scènes, qui en plus d’être parmi les plus belles de l’histoire des séries, abordent aussi des sujets essentiels trop longtemps négligés voire oubliés comme le consentement ou la contraception.

Les personnages affrontent aussi des difficultés très actuelles : Connell fait face au modèle ravageur de la masculinité toxique valorisé autour de lui, où il faut cacher ses émotions et être le plus viril possible, tandis que Marianne a une histoire personnelle marquée par des violences indicibles. Enfin, la question sociale est incontournable dans Normal People : Connell est d’abord valorisé au lycée pour son visage de beau gosse et ses capacités physiques, mais la situation s’inverse à l’université, où le bagage économique et culturel de Marianne la place sur un piédestal. Dernière prouesse : tout cela est traité en 12 épisodes de 30 minutes en moyenne, et une fois la fin arrivée, vous refuserez de croire que votre histoire d’amour avec Normal People est terminée.

Retrouvez Normal People dès le 3 février sur STARZPLAY, disponible dans les offres SVOD CANAL+ SERIES et PACK CINE/SERIES et INTEGRALE de CANAL+